Course contre la montre pour sauver le sommet de Durban

le 10 décembre 2011 à 10h47 , mis à jour le 10 décembre 2011 à 10h54

Les négociations sur le réchauffement climatique déboucheront-elles sur un accord, qui permettra de maintenir en vie le traité de Kyoto en attendant l'adoption d'un nouveau traité... ou achopperont-elles sur la difficulté à voter un texte contraignant ? Tout se joue ce samedi.

[Expiré] Manifestants au sommet de Durban contre le changement climatique (09/12/2011) © AFP / R. Jantilal

Entamées il y a douze jours, les négociations sur le réchauffement climatique jouent les prolongations à Durban. Les pays en développement les plus menacés se sont élevés vendredi soir contre le projet d'accord soumis à la conférence, forçant l'Afrique du Sud, pays hôte, à mettre au point une nouvelle proposition dans l'espoir d'empêcher un échec des discussions.

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Le dernier texte âprement discuté toute la nuit de vendredi à samedi propose de s'engager vers un accord incluant tous les pays - contrairement au protocole de Kyoto qui ne concerne que les industrialisés - qui serait adopté en 2015 au plus tard, pour une entrée en vigueur en 2020. Ce nouveau traité imposerait des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre aux principaux pays pollueurs. Mais le point central des désaccords repose sur les moyens nécessaires pour rendre ce futur traité juridiquement contraignant. Or, le temps manque pour rapprocher ces positions divergentes. "Il est encore possible d'aboutir à un résultat, mais il reste très peu de temps, certaines délégations doivent partir", a expliqué samedi le ministre allemand de l'Environnement, Norbert Röttgen, soulignant que les blocages étaient le fait, "comme depuis le début de la semaine, des principaux émetteurs (de gaz à effet de serre): les Etats-Unis, la Chine et l'Inde".

"Cadre légal" ou "instrument légal" ?

La première version des conclusions de la conférence de Durban évoquait un simple "cadre légal" pour obtenir une limitation des émissions de gaz à effet de serre, ce qui selon ses détracteurs n'engageait personne à quoi que ce soit. La nouvelle version évoquerait cette fois un "instrument légal", ce qui implique un engagement plus ferme de la part des pays signataires. Elle demande de plus à un groupe de travail de définir d'ici à 2015 un régime de réduction des émissions. Le nouveau texte met également plus de pression sur les Etats pour définir plus rapidement des plans individuels de baisse des émissions.

Ces remaniements vont dans le sens des demandes des pays pauvres, insulaires et de l'Union européenne, mais risquent de heurter les plus grands pollueurs. En outre, les délégués doivent encore débattre de la formulation finale des conclusions sur diverses autres mesures, notamment la protection des forêts et la création d'un Fonds Vert pour le climat qui aiderait les pays pauvres à lutter contre les effets du réchauffement.

De nombreux délégués craignent que la conférence de Durban, ouverte il y a deux semaines, ne débouche sur un texte politique peu contraignant, qui ne ferait que promettre d'ouvrir des négociations sur un nouveau traité mondial. Le lancement d'une "feuille de route" vers un traité global est la condition posée par les pays européens pour reprendre de nouveaux engagements dans le cadre du protocole de Kyoto et ainsi le maintenir en vie. Seul traité juridiquement contraignant sur le climat, dont la première période d'engagement s'achève fin 2012, Kyoto revêt une forte charge symbolique pour les pays en développement. Son effondrement serait un signal très négatif deux ans après le psychodrame du sommet de Copenhague.

le 10 décembre 2011 à 10:47
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