En début de matinée, les forces de l'ordre ont fait abondamment usage de gaz lacrymogènes et parfois de leurs matraques pour déloger 100 à 200 manifestants qui retiraient le ballast de la voie ferrée ou y déposaient grosses pierres, barres de fer et autres morceaux de béton. A Flottemanville-Bocage, à quelques kilomètres de Valognes, un fourgon de CRS a été incendié en début d'après-midi, après avoir été "a priori" incendié par des manifestants munis de cocktails molotov, selon la préfecture. 16 militants, dont 6 femmes, ont été interpellés et placés en garde à vue mercredi après-midi. Trois blessés légers ont été enregistrés : un gendarme et deux manifestants. Des boîtiers électriques ont été incendiés.
Le directeur du cabinet du préfet de la Manche a confirmé l'usage de gaz lacrymogènes mais pas les coups de matraque. Il a indiqué que les manifestants utilisaient également du gaz lacrymogène pour bloquer les voies. "Le côté un peu féroce venait des forces de l'ordre", a affirmé Fabrice (nom d'emprunt), un des porte-parole du collectif "Valognes Stop Castor" qui contrairement à Greenpeace appelle à bloquer le train. Vers 11h, les voies avaient été dégagées, après "au moins une tentative de déballastage" et un "incendie d'éléments de signalisation", selon la préfecture. Mais d'autres objets ont été depuis jetés sur la voie où des agents SNCF travaillent.
Une violence "inacceptable" pour Areva
Areva a dénoncé les démonstrations de violences "inacceptables" qui "ont perturbé le fonctionnement de toute une région". "C'est incompréhensible puisque ces déchets qui sont issus des combustibles usés doivent retourner dans leur pays d'origine", a déclaré à l'AFP Christophe Neugnot, porte-parole Areva.
A partir de 6h30 mercredi des centaines de militants du collectif ont progressivement quitté le camp installé depuis lundi dans un champ privé à Yvetot-Bocage, près de Valognes. La préfecture a dénombré 200 à 250 militants sur ce camp mardi soir, surtout des Français mais aussi des Anglais, Allemands, Espagnols, Belges, et quelque 100 à 150 auprès des voies mercredi matin. Le collectif comptabilise de son côté 400 à 500 militants. Quelques centaines d'hommes sont mobilisés pour assurer la sécurité du convoi et des manifestants, a indiqué M. Lemaire.
Entre 1977 et 2008, le groupe nucléaire français a retraité 5.483 tonnes de combustibles irradiés dans les centrales allemandes dans le cadre d'un contrat - le plus gros contrat étranger de l'usine de retraitement Areva de Beaumont-Hague (Manche) - parvenu à échéance. Ce contrat, comme d'autres avec l'étranger, n'a pas été renouvelé, mais Areva dit - depuis plusieurs années - être en négociations avec plusieurs pays. "L'industrie nucléaire ne veut pas avouer qu'elle ne maîtrise par la dangerosité (de sa production). Elle nous dit que ça crée de l'emploi. Mais créer une guerre crée aussi de l'emploi", dénonce Mickaël, un informaticien lorrain de 30 ans qui a pris un jour de congé pour venir bloquer le train.








