Loin des zones les plus densément habitées, le continent arctique est pour les climatologues un véritable laboratoire d'étude du réchauffement climatique. Et année après année, leurs observations convergent : la fonte des glaces fait bien plus que se poursuivre, elle s'emballe. Chaque été, la calotte glaciaire se retrouve un peu plus fragilisée. Le dernier record en la matière datait de... 2007, il y a cinq ans à peine, et il risque déjà d'être battu. Au cours de l'été 2007, la calotte glaciaire ne s'étendait plus que sur 4,25 millions de kilomètres carrés. Ce sera sans doute encore moins d'ici deux semaines, soulignent des scientifiques américains de l'université du Colorado, en pointant la rapidité de la fonte des glaces cette année.
"Si la fonte s'arrêtait soudainement aujourd'hui, nous serions au troisième niveau le plus bas jamais enregistré par satellite. Il reste encore deux semaines de fonte, donc je pense que l'on va vers un nouveau record", a confié Mark Serreze, directeur du Centre des données sur les glaces à l'université du Colorado. Et selon lui, cette fonte est d'autant plus spectaculaire qu'il n'y a pas eu d'événements météorologiques particuliers depuis 2007.
Les conséquences sur le niveau de la mer
La fonte de la calotte glaciaire au pôle Nord, liée à un changement climatique marqué à la fois par une hausse des températures globales et par un réchauffement des océans, pourrait aboutir à une disparition complète de la banquise en été au cours des prochaines décennies. Une inquiétude qui va de pair avec l'observation de nombreuses températures record, relevées ces dernières années à travers le monde. Aux Etats-Unis, le mois de juillet a été le plus chaud jamais enregistré, avec des températures supérieures de 1,8 degré à celles de la moyenne du XXe siècle, selon l'agence américaine d'étude de l'océan et de l'atmosphère.
Si les tendances actuelles persistent, les niveaux de la mer pourraient être nettement plus élevés que ceux projetés par le Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec) en 2007. Selon une étude publiée dans l'édition de mars des Geophysical Research Letters, si l'importance de la fonte des glaces en Arctique et dans l'Antarctique devait se maintenir durant les quatre prochaines décennies, la perte cumulée de glace des deux pôles ferait monter les océans de 15 centimètres d'ici 2050. Outre ces 15 centimètres, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires des montagnes ajouterait huit centimètres, sans oublier un accroissement de neuf centimètres résultant de la dilatation thermiques des eaux. Au total, le niveau des océans pourrait donc monter de 32 centimètres d'ici 2050.









