La France se lance, finalement, dans l'éolien en mer

le 24 janvier 2011 à 17h02 , mis à jour le 25 janvier 2011 à 11h03

Nicolas Sarkozy doit lancer, mardi à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), l'appel à projets attendu depuis plusieurs mois pour la construction de 600 turbines en mer à l'horizon 2015.

éoliennesDes éoliennes en mer (archives). © stock.xchng

Pour la première fois, des éoliennes vont se dresser au large des côtes françaises: Nicolas Sarkozy doit lancer, mardi à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), l'appel à projets attendu depuis plusieurs mois pour la construction de 600 turbines en mer à l'horizon 2015.

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Plus d'infos

 
L'appel à candidatures, comme l'annonçait en octobre l'ex-ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, devrait concerner l'installation de 3000 megawatts (MW) en mer pour un investissement de 10 milliards d'euros environ. Cinq sites devraient être retenus, selon le Figaro, pour accueillir ces premières éoliennes offshore françaises, qui ne seront pas opérationnelles avant 2015, de Saint-Nazaire au Tréport (Seine-Maritime) en passant par Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Saint-Brieuc.

"Nouveau souffle" pour le Grenelle de l'environnement

Au terme de plusieurs mois de tergiversations, les modalités de l'appel à projets ont été arbitrées jeudi par le gouvernement. Nicolas Sarkozy doit en détailler les modalités mardi et la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet présenter le projet en Conseil des ministres mercredi. Le ministère espère que ce projet donnera un "nouveau souffle" au Grenelle de l'environnement alors que le moratoire imposé à la filière photovoltaïque soulève depuis quelques semaines des interrogations sur les ambitions environnementales du gouvernement.
 
A travers le Grenelle, la France, pour atteindre un objectif de 23% d'énergie renouvelable dans sa consommation d'énergie en 2020, veut se doter d'un parc éolien de 25.000 MW, dont 6000 MW en mer. Aujourd'hui, l'éolien terrestre fournit moins de 2% de la consommation française. La France se lance dans le bain de l'éolien en mer alors que la Grande-Bretagne, leader européen, a déjà installé plus de 1.300 MW et le Danemark plus de 850, selon l'Association européenne de l'énergie éolienne.
 
L'objectif du gouvernement est de permettre le développement d'une véritable filière industrielle française dans l'éolien (11.000 emplois actuellement) alors que les grands fabricants sont aujourd'hui danois (Vestas), américain (GE Energy), chinois (Sinovel) ou allemand (Enercon). Alstom, l'un des deux groupes français avec Areva pouvant fabriquer des turbines, a annoncé la semaine dernière son association avec EDF Energies Nouvelles pour équiper en exclusivité, à partir de 2013, les parcs éoliens en mer développés par l'électricien. Selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), outre les leaders du marché de l'énergie, près de 200 entreprises françaises sont susceptibles de profiter du développement de l'éolien en France.

Bataille du prix et de l'opinion
 
Afin d'encadrer ce développement et éviter l'explosion des volumes comme dans le photovoltaïque, l'Etat ne fixera pas de tarif de rachat pour l'éolien en mer. Ce sont les industriels candidats qui proposeront dans leur projet un prix de revente de l'électricité à EDF. Un arrêté ministériel fixe actuellement le rachat de l'électricité éolienne offshore à 13 centimes d'euro le kW/h, mais ce tarif "ne permet pas une rentabilité suffisante des projets", selon Marion Lettry, responsable éolien au SER, rappelant que ce prix se situe en Allemagne "entre 16 et 18 centimes".  "C'est le consommateur qui va payer", dénonce la Fédération environnement durable (FED, 740 associations et collectifs opposés aux éoliennes) qui fustige le "subventionnement" de l'énergie éolienne alors que "ça ne va créer aucun emploi en France", selon son vice-président Michel Broncard.
 
Mais au-delà de la bataille économique, les industriels vont devoir aussi livrer celle de l'opinion, comme l'illustre la forte opposition rencontrée au Tréport par l'imposant projet (141 éoliennes, 700 MW) de la Compagnie du Vent (filiale de GDF Suez).

 

Le PDG de Total a déclaré lundi dans Le Club LCI, la nouvelle émission de la chaîne info, qu'il ne croyait pas aux énergies renouvelables pour son groupe.

le 24 janvier 2011 à 17:02
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20 Commentaires

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  • claudcouledouce, le 25/01/2011 à 14h29

    Pas de problème dans votre jardin mais c'est vous qui payez le surcoût des éoliennes et des panneaux solaires. Je ne suis pas contre la pollution visuelle si elle est bien gérée et si c'est utile à la collectivité. Les centrales sont utiles, les éoliennes un caprice de riche.

  • kaelea, le 25/01/2011 à 14h08

    Quel gâchis monstreux d'argent public.

  • yannickatl, le 25/01/2011 à 13h49

    Merci les ecologistes pour avoir fait pression. Ces eoliennes troublent considerablement les oiseaux migrasteurs et oiseaux marins vivant/parcourant les cotes maritimes. Ces oiseaux ont une importance vitale sur l'eco-environment. Avec ces eoliennes, ces oiseaux disparaitront du paysages. Le nucleaires fait bien moins de degat sur l'eco-environement. Signe: un ecologue.

  • sarnoaouf44, le 25/01/2011 à 13h06

    Bien dit !!!!

  • flavias, le 25/01/2011 à 12h58

    Ben le reste du temps comme les politiciens ils se reposent !!!

  • claudcouledouce, le 25/01/2011 à 12h02

    Moi, j'aimerai que ma facture EDF fasse ressortir le coût des subventions au solaire et à l'éolien (achat d'énergie à un tarif insensé). Peut-être que si les français savaient ce que leur coûte la politique imbécile du non nucléaire (pourtant incontournable en attendant mieux dans 30 à 50 ans) et ce que leur coûte la chasse au CO2 qui est un des gaz les moins dangereux et contre lequel on ne peut rien (si on abaisse les émissions, les océans rejetteront du CO2 pour rétablir l'équilibre océan-atmosphère du CO2 qui est lié à la température des océans) et qui coûte des fortunes (2 points de croissance) pour rien.

  • gg92, le 25/01/2011 à 11h38

    Faut savoir, nous ne voulons pas de pollution, pas de nucléaire, pas de centrales thermiques, pas d'éoliennes, alors, vive la bougie et les feux de camps

  • piou8piou, le 25/01/2011 à 10h55

    Les francais sont anti-nucleaires, anti-eolien, pro-photovoltaique (3 a 10 fois plus cher, avec des facteurs de charge moindres et des composants plus polluants), anti-charbon, anti-petrole, anti-barrages (de toute facon, on n'a plus de site eligible), etc. Par contre ils veulent de l'electricité pas chere. Ben oui. C'est bien francais, ca, tiens...

  • valeur10, le 25/01/2011 à 10h52

    Je constate que Laurent GERRA avait raison en imitant SARKOZY sur le sujet. Je n'y croyais pas. et BEN C'EST VRAI.

  • louisneuville, le 25/01/2011 à 10h39

    Quand on voit l'état des phares abandonnés, on peut avoir des doutes sur les éoliennes dans le paysage futur ... En Angleterre, on a également des forts abandonnés en mer et dans les estuaires : superbes ruines ...

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