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Lancement d'une enquête sur la qualité de l'eau


le 03 juillet 2012 à 17h14 , mis à jour le 03 juillet 2012 à 19h25.
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3min
L'eau du robinet

L'eau du robinet / Crédits : © Getty Images

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EnvironnementAprès s'être penchés sur le prix du service de l'eau, France Libertés et 60 millions de consommateurs ont lancé mardi la deuxième volet de l'opération "Transparence" qui va cette fois-ci enquêter sur la qualité de l'eau en France.

Comme elles l'ont fait précédemment dans le cadre de leur enquête sur le prix de l'eau, les associations France Libertés et 60 millions de consommateurs vont à nouveau interroger les consommateurs mais cette fois-ci sur la qualité de l'eau. Plus de 10.000 personnes avaient participé au premier volet de cette opération, baptisée  "Transparence", qui portait sur le prix de l'eau. Les résultats ont été publiés dans le numéro d'avril 2012 de 60 millions de consommateurs, et en ligne.

La base de ces enquêtes est la participation du consommateur, qui doit témoigner de la façon dont les choses se passent là où il vit : combien il paye, pour le premier volet de l'opération, et maintenant quelle est la qualité de l'eau et comment il est informé : affichage en mairie, synthèse annuelle jointe aux factures. Si en théorie l'information est la règle, en pratique "l'eau relève de contrôles de moins en moins nombreux", dit Marie-Jeanne Husset, directrice du magazine 60 millions de consommateurs. Et très inégaux : un par an dans les communes de moins de 50 habitants, trois par jour dans celles de plus de 625.000 habitants. Les distributeurs font aussi leurs propres contrôles, mais ils ne sont pas publics. "Quand les opérateurs constatent qu'un paramètre chimique est dépassé et qu'il n'y a pas de risque sanitaire fondamental, ils demandent une dérogation au préfet, et l'eau peut être distribuée", explique Marie-Jeanne Husset.

Des dérogations qui peuvent durer des années

Pour engager cette enquête, "on a eu besoin de voir comment ça fonctionnait", explique Emmanuel Poilane, directeur de France libertés. De manière aléatoire, des informations sur les dérogations en cours ont été demandées aux Agences régionales de santé. Et là, on s'est aperçu qu'il y en avait "beaucoup plus qu'on ne pensait", indique-t-il. Cette opération-test met en évidence des dérogations dans neuf départements et plusieurs dizaines de communes, pour des excès en nitrates, sulfates ou déséthylatrazine (DEA), un métabolite de l'atrazine, herbicide interdit depuis septembre 2003.

Les dérogations, qui permettent donc de continuer à distribuer une eau hors normes sanitaires, peuvent durer des années : fixées à trois ans, elles peuvent être prolongées deux fois, soit un total de neuf ans. Ce qui a été le cas par exemple dans une commune de Seine-et-Marne, en dérogation depuis 2004. En outre, "on ne sait pas combien il y a de dérogations en France", dit Mme Husset.

Ces associations ont relevé des défauts d'information des consommateurs

A Beaufort-en-vallée dans le Maine-et-Loire, la quantité de bentazone (molécule d'un pesticide) a été du 17 novembre au 22 décembre 2011 trois fois plus élevée que la dose journalière acceptable. Du fait de délais administratifs, le site du ministère de la Santé disait pourtant pendant la période que "l'eau est conforme aux paramètres". "Il y a un problème de décalage dans la dérogation, il faudrait avoir les informations en temps réel", note M. Poilane.

En outre, l'opérateur souhaitait faire un nouveau forage pour pouvoir fournir de l'eau saine, mais a dû attendre l'autorisation de mise en service. "Il faut un système plus flexible", dit-il. Avec cette enquête, les consommateurs deviennent des "lanceurs d'alerte" et permettront d'établir une carte des dérogations. La synthèse des résultats sera présentée en mars 2013, à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau.

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