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Le vampire des abysses, victime de sa mauvaise réputation


le 26 septembre 2012 à 15h06 , mis à jour le 26 septembre 2012 à 15h12.
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3min
"Vampyroteuthis infernalis", ou vampire des abysses (gravure - document de la NOAA Photo Library)

"Vampyroteuthis infernalis", ou vampire des abysses (gravure - document de la NOAA Photo Library) / Crédits : NOAA Photo Library

EnvironnementBien qu'impressionnant avec sa gueule en forme de parapluie, ce petit céphalopode des grands fonds ne se nourrit, contrairement à la légende, que de cadavres et de fragments de larves. C'est aussi, selon des chercheurs qui se sont intéressés aux moeurs de l'animal, un véritable fossile vivant.

Des biologistes viennent de porter un rude coup à la réputation du vampire des abysses, un petit céphalopode à mi-chemin entre la pieuvre et le calmar : loin de se repaître de proies vivantes, l'animal n'est qu'un charognard des profondeurs réduit à grappiller des miettes de cadavres.

Le vampire des abysses (Vampyroteuthis infernalis) est si exceptionnel qu'on le qualifie de "fossile vivant". Il a depuis 1903 le privilège d'être l'unique représentant encore existant de son ordre, Vampyromorphida, dans l'arbre des espèces. D'une longueur moyenne de seulement 13 cm, le céphalopode vit dans les océans tempérés et tropicaux, par 600 à 900 mètres de fond, où il repère le moindre mouvement avec ses gros yeux globuleux (2,5 centimètres). Là où son homologue de légende est capable de disparaître dans un nuage de fumée, le vampire des abysses, lui, se camoufle en se nimbant d'une bio-luminescence bleu nuit.

"Une adaptation unique"

Mais contrairement à Dracula, à Nosferatu et à leurs cousins, le vampire marin ne plante jamais ses crocs dans une proie vivante, assurent deux chercheurs californiens, qui ont épluché trente ans de données récoltées sur le petit monstre. L'analyse de l'estomac et des excréments de l'animal est formelle : il se nourrit de cadavres et de fragments de larves, crustacés et zooplancton qui coulent lentement au fond des océans. Hendrik Joving et Bruce Robison, de l'Institut de recherche de l'Aquarium de Monterey Bay (MBARI), ont également levé le mystère qui planait sur l'incroyable gueule de la bête: une sorte de parapluie noir dont la membrane relie les huit bras du vampire, hérissés sur leur face interne de rangées d'épines et garnies de ventouses. Entre ces bras, deux poches renferment de longs filaments rétractiles qui rappellent ceux d'un calmar.

Longtemps considérés comme des appendices sensoriels destinés à détecter proies et prédateurs, il s'agit en réalité des outils permettant au vampire de se saisir de fragments de cadavres pour les porter à sa gueule, indiquent les deux chercheurs dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B. Grâce à un mucus collant sécrété par les appendices, le vampire agglomère ces miettes de nourriture pour former une petite boule, acheminée ensuite jusqu'à son bec par les épines recouvrant ses bras. "Le comportement alimentaire du Vampyroteuthis ne ressemble à celui d'aucun autre céphalopode", résume l'étude. Il indique "une adaptation unique, qui permet à ces animaux de passer la majeure partie de leur vie à des profondeurs où l'oxygène est très faible, mais où il y a très peu de prédateurs et de nourriture classique pour les céphalopodes", estiment les chercheurs.

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