Le sort des bébés phoques justifierait sans doute une nouvelle mobilisation internationale, à l'instar de celle qui avait dévoilé les cruelles méthodes de traque des chasseurs de fourrures, provoquant un embargo sur les ventes de peaux de phoques. Sauf qu'aujourd'hui, il serait plus difficile de faire reculer les coupables du massacre. Car il s'agit tout simplement... du climat. Une étude réalisée par des chercheurs américains, et publiée dans le journal scientifique PLoS ONE, révèle en effet que des générations entières de bébés phoques sont ravagées depuis ces dernières années en raison de l'absence de glaces, leur habitat naturel.
Le Canada prêt à déclarer la guerre aux phoques gris
Les autorités canadiennes envisagent de tuer en cinq ans plus de 200.000 phoques gris, accusés de décimer les stocks de morue.
Publié le 29/05/2010
La surface des glaces recouvrant une partie de l'Atlantique Nord où les phoques du Groenland élèvent leurs petits a diminué de 6% environ par décennie depuis 1979, date du début de leur observation par satellite, selon l'étude des chercheurs de l'Université Duke, en Caroline du Nord. "Le taux de mortalité que nous observons dans l'est du Canada est dramatique", a déclaré un des chercheurs, David Johnston. "Cela met en question la résistance de la population" dans son ensemble.
La survie de l'espèce menacée ?
Les chercheurs ont examiné les photos satellitaires des glaces d'hiver entre 1992 et 2010 dans le golfe du Saint-Laurent, importante zone de reproduction des phoques, en les comparant aux rapports annuels sur le nombre de bébés phoques morts trouvés sur les rives. Ils ont aussi comparé le nombre d'animaux morts échoués avec l'évolution du phénomène climatique connu sous le nom d'oscillation nord-atlantique, dont les vents et les tempêtes ont une grande influence sur la formation de glaces. Cette recherche a montré que les années où l'oscillation était faible et les glaces moins étendues, le taux de mortalité des jeunes phoques était plus élevé.
Les phoques du Groenland se sont adaptés ces dernières années à la fonte précoce des glaces au printemps en réduisant à douze jours la période d'allaitement. Mais il est difficile de dire si leur population sera en mesure de résister à la disparition graduelle de la couverture glaciaire.
David Johnston se montre pessimiste. Selon lui, l'espèce des phoques "est bien capable de réagir à des changements climatiques naturels de courte durée. Mais notre recherche suggère que les phoques peuvent ne pas être en mesure d'amortir les effets de variations à court terme combinées avec un changement climatique à plus long terme et avec des facteurs humains comme la chasse ou la capture".
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