Il semblerait que la calotte glaciaire, qui recouvre le Groenland, soit plus sensible que prévu au réchauffement climatique. Dans les études précédentes, les climatologues avaient établi que le réchauffement de +3,1°C par rapport à l'époque préindustrielle correspondait au seuil limite. Si ce seuil était finalement franchi, les glaces du Groenland pourraient fondre totalement d'ici plusieurs millénaires. Mais une nouvelle étude abaisse désormais ce seuil à +1,6°C (dans une plage allant de +0,8°C à +3,2°C). Notons que la planète s'est déjà réchauffée de 0,8°C depuis le milieu du 18e siècle.
Une fonte totale de la calotte (ou inlandsis) du Groenland dépend de la durée et de l'ampleur du dépassement de ce seuil : elle pourrait avoir disparu en 2.000 ans en cas de réchauffement de +8°C mais en 50.000 ans en cas de hausse contenue à +2°C, selon les chercheurs de l'Institut de Potsdam (PIK) et de l'Université Complutense de Madrid. Ce dernier chiffre correspond à l'objectif que s'est fixé la communauté internationale. Malheureusement, les émissions actuelles de gaz à effet de serre semblent montrer que la planète bleue se dirige plutôt vers une hausse de +3 à +4°C.
Souvenez-vous du film Waterworld avec Kevin Costner. Après une catastrophe écologique, la Terre est recouverte par les océans. Les rares survivants ont trouvé refuge sur des atolls artificiels. La fiction pourrait donc rejoindre la réalité car une fonte importante de la calotte glaciaire, qui recouvre environ 80 % du territoire, pourrait contribuer à une élévation de plusieurs mètres du niveau de la mer et affecter la vie de millions de personnes, rappellent les auteurs. Après l'Antarctique, le Groenland constitue la seconde retenue d'eau sur terre.









