Les glaciers des Andes tropicales fondent aussi

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le 30 septembre 2009 à 15h29
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Crédits : AFP

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Les glaciers des Andes tropicales, qui se trouvent au Pérou, en Bolivie, en Equateur et en Colombie, ont perdu de 30% à 100% de leur surface en 30 ans.

La Cordillère blanche a perdu 27 % de glace

Plusieurs glaciers des Andes centrales, dont la masse glaciaire tropicale au monde est de près de 2.000 km2, n'existent déjà plus.
Au Pérou, le Broggi (4.860 mètres) a disparu depuis 2005, le Quilca (5.250 mètres) depuis l'an dernier.
Le Pastoruri (5.240 m) a perdu 40 et en aurait encore pour 10 ans.
Et en Bolivie, les jours du Chacaltaya (5.395 m) sont comptés.
La Cordillère blanche péruvienne et sa trentaine de sommets à plus de 6.000 mètres, ont aussi perdu 27 % de glace en 33 ans, selon les glaciologues de l'Autorité péruvienne de l'eau.

Les Andes tropicales, sentinelles du climat

Bernard Francou, glaciologue français de l'Institut de recherche pour le développement, a déclaré : "Les mesures montrent que les glaciers andins perdent en moyenne un mètre d'eau en épaisseur chaque année" ! Selon des experts, les Andes tropicales sont une cordillère clef dans la climatologie mondiale pour deux raisons :

  • Elles sont une barrière importante aux grands flux atmosphériques venant généralement de l'ouest, du Pacifique.
  • Elles sont des indicateurs uniques, en termes d'altitude et de latitude, pour comprendre l'évolution du climat et le réchauffement. 

Une fonte alarmante pas nécessairement alarmante pour tous et pour tout de suite

Georg Hoffman, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement de Saclay, explique pourquoi : "Parce que les pays et villes dépendent diversement des glaciers pour leur eau : 5% pour Quito, mais 15% pour La Paz, par exemple. Ensuite parce que les modèles diffèrent fortement sur ce que seront les précipitations (plus sec ou pluvieux) dans la région". Et les Andes tropicales ont elles-mêmes une variabilité hydrologique encore mal comprise.

Il y a une certitude !

A terme, les glaciers, qui sont des réservoirs d'eau naturels, devront être remplacés, par des artificiels. Mais cette construction de grands barrages n'est pas gagnée puisqu'il s'agit d'un massif qui "pousse" par endroits de 5 à 6 mm par an, avec une forte activité sismique.
En 1970, un terrible séisme dans la Cordillère blanche fit 30.000 morts localement (66.000 au total). "Il faut avoir conscience qu'on ne pourra pas remplacer facilement les glaciers" conclut Bernard Francou.

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