© AFP / S. de Sakutin UN AVENIR POST-2012 POUR KYOTO Le ministre canadien de l'Environnement a annoncé, lundi, que son pays se retirait du protocole sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une première depuis sa signature en 1997. Les négociations marathon de Durban sur le climat ont débouché, dimanche à l'aube, sur une feuille de route vers un accord en 2015 englobant tous les pays pour lutter contre le réchauffement. Mais cette conférence a frôlé la catastrophe à l'issue de 14 journées et deux nuits blanches de négociation. Les négociations sur le réchauffement climatique déboucheront-elles sur un accord, qui permettra de maintenir en vie le traité de Kyoto en attendant l'adoption d'un nouveau traité... ou achopperont-elles sur la difficulté à voter un texte contraignant ? Tout se joue ce samedi. L'année 2011 comptera parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, indique mardi l'Onu dans un nouveau rapport, alors que se tient en ce moment la conférence sur le climat à Durban. A la clé, un risque de voir disparaître des îles. Il aura fallu 14 jours et deux nuits de négociations marathon aux 190 pays participant à la conférence sur le réchauffement climatique pour trouver un compromis sur la limitation des rejets de gaz à effet de serre. Un accord à l'arraché... et a minima sur la poursuite des discussions, en vue d'un éventuel accord contraignant en 2015.
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Le protocole de Kyoto, adopté en 1997 et en vigueur depuis 2005, est à ce jour le seul traité international sur le climat. Il fixe des objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) à une quarantaine de pays industrialisés, à l'exception notable des Etats-Unis qui ne l'ont pas ratifié. Il ne s'applique pas non plus aux grands émergents comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.
Les pays en développement exigeaient de nouveaux engagements de la part des industrialisés à l'issue de la première période d'engagements (2008-2012) au nom de leur responsabilité "historique" dans le réchauffement de la planète.
La décision de Durban prévoit une deuxième période dont la durée (5 ou 8 ans) doit encore être débattue. Mais en l'absence du Canada, de la Russie et du Japon, qui ont refusé de renouveler l'exercice, ces nouveaux engagements contraignants ne s'appliqueront qu'à environ 15% des émissions mondiales.
UN ACCORD GLOBAL EN 2015
En échange d'une seconde période d'engagements sur Kyoto, l'Union européenne demandait que soit tracée à Durban une "feuille de route" vers un nouveau cadre juridique contraignant qui impliquerait tous les pays. Un accord qui serait signé en 2015 pour une entrée en vigueur à partir de 2020.
Ce cadre a été défini comme "un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale", formulation suffisamment large pour avoir permis un consensus à Durban mais qui devra être précisée d'ici 2015.
UN FONDS VERT OPERATIONNEL
La décision rend opérationnel le Fonds vert, mécanisme financier acté à Cancun en 2010, pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique. Une formulation a été trouvée pour contourner les réserves émises lors de la première semaine de la conférence par les Etats-Unis, sur la "personnalité juridique" de ce mécanisme. Ce Fonds vert doit acheminer des financements à partir de 2013 pour monter en puissance jusqu'en 2020, date à partir de laquelle les pays industrialisés ont promis de verser chaque année 100 milliards de dollars.
La conférence de Durban n'a en revanche pas permis de progrès notable sur la façon d'alimenter de ce fonds pour éviter qu'il reste une "coquille vide".
TRANSPARENCE ET CONTROLE DES ACTIONS MENEES PAR LES PAYS
L'un des enjeux de Durban était aussi de mettre en oeuvre certaines des décisions de Cancun, notamment sur le sujet de la transparence et de la vérification possible des actions de réduction des différents pays.
Pour les pays développés, le texte adopté offre des pistes pour mieux suivre les actions au fur et à mesure et pas seulement à la fin en vérifiant après coup si l'objectif fixé a été atteint.
L'accord prévoit par ailleurs la mise en place d'un travail préparatoire pour éventuellement faire entrer l'agriculture, à l'origine de 15% des émissions de GES, dans le périmètre de la convention-climat de l'ONU.
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