Le rapport des experts sur les scénarios énergétiques en France à l'horizon 2050 ne sera rendu public que lundi, mais déjà Eric Besson a dévoilé quelques-unes des pistes lancées. Parmi elles, la prolongation du parc nucléaire français, également souhaitée par Nicolas Sarkozy. Le président de la République, qui a reçu mercredi soir le comité de politique nucléaire, "a décidé de demander à tous les opérateurs de se mettre en situation de pouvoir prolonger la durée de vie de nos réacteurs et centrales nucléaires au-delà de 40 ans", a déclaré la ministre de l'Industrie sur Europe 1 et I-Télé.
Une décision qui devrait entraîner "tous les efforts de maintenance, de recherche des plus hauts standards de sécurité et de sûreté, pour faire en sorte que ce parc puisse être prolongé". Si le ministre a indiqué que "la décision était prise", il a également rappelé que "cela ne veut pas dire que cela se fera mécaniquement puisque c'est ensuite l'autorité de sûreté nucléaire" qui a le dernier mot.
Un réacteur "de moyenne gamme" en collaboration avec le Japon et la Chine
Car la prolongation du parc nucléaire français est l'une des autres options mises en avant par le rapport. Ce dernier devrait par ailleurs mettre en garde contre les conséquences d'une réduction de la part du nucléaire. "Ce serait un gâchis d'arrêter nos réacteurs à 40 ans", a avancé Eric Besson, en référence à l'idée de retrait progressif du nucléaire proposé par le PS. Selon lui, tout autre scénario que la prolongation entraînerait "des conséquences inéluctables", comme "l'augmentation du prix de l'électricité" et une "destruction d'emplois", "150.000" directs, de "300.000 à 400.000" indirects auxquels s'ajoutent les "2 millions d'emplois" industriels "potentiels" qui "peuvent être impactés".
Le ministre de l'Industrie a également indiqué que la France doit se doter "d'un réacteur de moyenne gamme", c'est-à-dire de 1000 mégawatts, que "nous allons développer en partie avec les Japonais et en partie avec les Chinois". Nicolas Sarkozy a de son côté souhaité que soit réalisée "une étude de faisabilité sur la possiiblité de lancer des réacteurs de faible puissance", autour de 300 à 400 mégawatts.
Des propositions qualifiées de "mensonge et faux-fuyant" par François Brotte, responsable des questions énergétiques dans l'équipe de François Hollande, rappelant que "les prix de l'énergie ont très fortement augmenté en 2011 : près de 6% pour les tarifs d'électricité, près de 10% pour les tarifs du gaz, près de 16% d'augmentation des prix du gazole et de 11% pour le super sans plomb". Il a également réaffirmé que "la réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique" avait pour objectif de "faire une place plus grande aux énergies renouvelables".








