Le perchloroéthylène (ou PCE, pour les intimes) n'a pas seulement un nom barbare, c'est aussi un produit à la toxicité reconnue. Classé depuis 1995 par l'Organisation mondiale de la santé comme cancérogène probable, il peut avoir des effets neurologiques et un impact sur les reins et le foie. Or, il est utilisé quotidiennement par des milliers de pressings en France, pour ses nombreuses qualités en matière de nettoyage à sec : ce solvant organique chloré, qui est en outre ininflammable, a un fort pouvoir dégraissant. Et son utilisation massive inquiète les riverains des pressings.
Thierry Drouin, fondateur en 2010 d'une association de défense des victimes, l'ADVEPP, réclame une interdiction rapide. "Dès lors que le perchloroéthylène est dangereux, pour les salariés dans un premier temps, et pour les riverains, c'est une catastrophe de continuer à l'utiliser encore dix ans", souligne-t-il. "Des produits de substitution existent", affirme ce restaurateur rennais, qui doit s'entretenir mardi avec un représentant du ministère de l'Ecologie.
Pas d'interdiction totale avant le 1er janvier 2022
D'où vient cette crainte de voir ce produit encore utilisé pendant une décennie dans les pressings ? Tout simplement des textes légaux qui existent à ce jour et réglementent l'utilisation du PCE. Selon un arrêté pris en décembre par le gouvernement, il sera banni dans les nouvelles installations à partir du 1er mars 2013 et progressivement interdit à partir de cette date pour les machines déjà en place. Mais l'interdiction totale du produit dans les pressings ne sera effective qu'au 1er janvier 2022.
L'inquiétude des riverains a été accrue par une étude publiée en 2012 par le Laboratoire central de la préfecture de police : elle avait mis en évidence les concentrations importantes de perchloroéthylène auxquelles sont soumis les riverains habitant au-dessus de pressings à Paris et dans la région parisienne. Entre 2006 et 2011, le laboratoire avait mené des analyses dans 122 logements situés au-dessus d'une trentaine de pressings ayant fait l'objet de plaintes pour nuisances olfactives. Bilan: plus de huit pièces sur dix (81%) dans les logements étudiés présentaient des niveaux de concentration supérieurs à la valeur guide de l'air intérieur de l'OMS (soit 250 microgrammes par m3 sur un an). Par ailleurs, cette étude soulignait que les travaux d'amélioration demandés aux établissements n'étaient pas toujours suivis d'une amélioration nette de la qualité de l'air des logements à proximité.









