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Perchloroéthylène : les voisins des pressings restent trop exposés


le 07 janvier 2013 à 13h52 , mis à jour le 07 janvier 2013 à 13h56.
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3min
Emanations toxiques : des pressings bientôt fermés

Les pressings qui utilisent du perchlo, une substance chimique très toxique, vont être progressivement interdits dès cet été. Le projet prévoit notamment leur fermeture lorsque les émanations sont trop importantes dans les appartements et les locaux situés au-dessus ou juste à côté. / Crédits : TF1/LCI

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EnvironnementLe fondateur d'une association de défense des voisins des pressings réclame une interdiction rapide du perchloroéthylène. Ce produit, classé depuis 1995 par l'OMS comme cancérogène probable, est pourtant toujours utilisé couramment dans le nettoyage à sec. Et devrait continuer à l'être pendant des années.

Le perchloroéthylène (ou PCE, pour les intimes) n'a pas seulement un nom barbare, c'est aussi un produit à la toxicité reconnue. Classé depuis 1995 par l'Organisation mondiale de la santé comme cancérogène probable, il peut avoir des effets neurologiques et un impact sur les reins et le foie. Or, il est utilisé quotidiennement par des milliers de pressings en France, pour ses nombreuses qualités en matière de nettoyage à sec : ce solvant organique chloré, qui est en outre ininflammable, a un fort pouvoir dégraissant. Et son utilisation massive inquiète les riverains des pressings.

Thierry Drouin, fondateur en 2010 d'une association de défense des victimes, l'ADVEPP, réclame une interdiction rapide. "Dès lors que le perchloroéthylène est dangereux, pour les salariés dans un premier temps, et pour les riverains, c'est une catastrophe de continuer à l'utiliser encore dix ans", souligne-t-il. "Des produits de substitution existent", affirme ce restaurateur rennais, qui doit s'entretenir mardi avec un représentant du ministère de l'Ecologie.

Pas d'interdiction totale avant le 1er janvier 2022

D'où vient cette crainte de voir ce produit encore utilisé pendant une décennie dans les pressings ? Tout simplement des textes légaux qui existent à ce jour et réglementent l'utilisation du PCE. Selon un arrêté pris en décembre par le gouvernement, il sera banni dans les nouvelles installations à partir du 1er mars 2013 et progressivement interdit à partir de cette date pour les machines déjà en place. Mais l'interdiction totale du produit dans les pressings ne sera effective qu'au 1er janvier 2022.

L'inquiétude des riverains a été accrue par une étude publiée en 2012 par le Laboratoire central de la préfecture de police : elle avait mis en évidence les concentrations importantes de perchloroéthylène auxquelles sont soumis les riverains habitant au-dessus de pressings à Paris et dans la région parisienne. Entre 2006 et 2011, le laboratoire avait mené des analyses dans 122 logements situés au-dessus d'une trentaine de pressings ayant fait l'objet de plaintes pour nuisances olfactives. Bilan: plus de huit pièces sur dix (81%) dans les logements étudiés présentaient des niveaux de concentration supérieurs à la valeur guide de l'air intérieur de l'OMS (soit 250 microgrammes par m3 sur un an). Par ailleurs, cette étude soulignait que les travaux d'amélioration demandés aux établissements n'étaient pas toujours suivis d'une amélioration nette de la qualité de l'air des logements à proximité.

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  • lucidite : Petit détail oublié ; S'il est vrai que les organisations classifient ce produit de cancérigène probable ou possible (selon les pays), les études épidémiologiques, pourtant très nombreuses dans de nombreux pays au fil des ans, n'ont jamais réussi à mettre à l'évidence une quelconque dangerosité liée à l'usage de ce produit, ni pour les employés qui le manipulent par millions chaque jour depuis plus d'un siècle dans tous les pays du monde, ni pour le riverains qui peuvent légitimement se plaindre de la gêne olfactive, mais qui n'en souffrent pas de maladies pour autant. Le fait que cette substance est un solvant organique de chlore plaide effectivement pour un usage plus encadré, et il n'est pas une mauvaise initiative que de vouloir trouver des produits de substitution, mais compte tenu de son usage si répandu depuis si longtemps force est de constater que sa prétendue dangerosité serait probablement exagérée, et le travail de l'association de Thierry Drouin ne repose sur aucun fondement scientifique connu à ce jour.

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