Sécurité nucléaire : EDF et Areva s'estiment au niveau

le 16 septembre 2011 à 21h24 , mis à jour le 16 septembre 2011 à 21h34

A la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire, EDF et Areva ont évalué la sécurité de leurs installations en tirant les leçons du drame de Fukushima. Les deux groupes s'estiment à l'abri d'un accident du même type. Le Réseau Sortir du Nucléaire crie au scandale.

Centrale nucléaireImage d'archives © TF1/LCI

Face au risque d'incident pour les centrales nucléaires françaises, EDF et Areva sont confiants. EDF affirme que les centrales nucléaires françaises ont une "marge satisfaisante" pour les mettre à l'abri d'un accident de l'ampleur de Fukushima mais propose quand même des mesures nouvelles pour renforcer leur sécurité. De son côté, Areva conclut, sur la base d'une auto-évaluation, à "une bonne robustesse" des installations nucléaires de La Hague face à de plus fort séismes et autres "agressions externes" que ceux pris en compte avant l'accident de Fukushima.

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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait demandé aux exploitants de 80 installations jugées prioritaires, dont les 58 réacteurs nucléaires d'EDF et le site de retraitement de la Hague exploité par le groupe Areva, de procéder à des "évaluations complémentaires de sûreté" en tirant les premières leçons de l'accident survenu en mars au Japon suite à un séisme et un fort tsunami.
 
Pour EDF, cette auto-évaluation, selon des critères imposés par l'Etat, illustre également "une bonne robustesse des moyens de secours en place en cas de perte totale et cumulée des sources électriques et de refroidissement". L'exploitant français propose toutefois de mettre en oeuvre plusieurs "parades supplémentaires" pour éviter un scénario similaire à celui de Fukushima. Même satisfecit chez Areva : "L'évaluation complémentaire qui a été menée pour les INB (installations nucléaires de base) de La Hague conclut globalement à une bonne robustesse de l'installation face aux agressions envisagées". La prise en compte d'agressions d'un niveau plus élevé que celui jusque-là estimé plausible "ne fait pas apparaître de risques de nature nouvelle par rapport à ceux pris en compte à la conception", assure Areva. L'analyse a mis "en évidence une robustesse des installations nucléaires jusqu'à des séismes de magnitude comprise entre 6,4 et 7,3", selon le rapport.
 
"C'est du flan"
  
Evidemment ces conclusions positives ne sont pas du goût de tous. A commencer par les partisans de la sortie du nucléaire. Les rapports sur les tests de résistance des centrales rendus publiques par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) "n'apportent rien qu'on ne savait déjà", a regretté Jean-Marie Brom, radio-physicien au CNRS de Strasbourg et responsable Est du Réseau Sortir du Nucléaire. "Ces tests c'est du flan", a-t-il affirmé en prenant notamment l'exemple de la centrale alsacienne de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus ancienne du parc français. M. Brom a souligné qu'il n'y avait eu "aucune nouvelle étude". "Ces rapports ne sont qu'un recopiage des évaluations de sûreté et des procédures contre les agressions extérieures faites par l'exploitant lui-même", a-t-il ajouté. "Ma conclusion c'est que si on avait demandé l'an dernier à Tepco de faire un rapport sur la centrale de Fukushima, elle aurait été jugée parfaitement sûre", a conclu Jean-Marie Brom.
 
En service depuis 1977, Fessenheim est la doyenne des centrales nucléaires françaises. Dotée de deux réacteurs nucléaires d'une puissance de 900 mégawatts chacun, elle est particulièrement décriée par les écologistes, qui réclament sa fermeture en pointant notamment sa "vétusté" et son exposition aux risques sismiques et d'inondations.

le 16 septembre 2011 à 21:24
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5 Commentaires

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  • tonmoulin52, le 17/09/2011 à 10h25

    Ce n'st pas à eux e se juger mais à un organisme Extérieur indépendant du pouvoir politique

  • chl92, le 17/09/2011 à 08h49

    Un enfant, oui, mais le pouvoir de l'argent, malheureusement NON !

  • franiv, le 17/09/2011 à 08h42

    Les deux groupes (EDF et Areva) s'estiment à l'abri d'un accident du même type. Ce qui veut dire que pour tous les autres types d'accidents on ne sait pas. Evidemment un accident par un tsunami aussi gigantesque est improbable par rapport à l'implantation de nos centrales. Il ne faut pas sortir de St-Cyr pour faire un tel rapport. Si un gros pépin arrive on pourra toujours dire "tiens on n'y avait pas pensé" Fran6

  • pagan29200, le 17/09/2011 à 00h54

    La centrale de Fessenheim qui est également placée sous une faille, dispose d'une dalle moitié moins épaisse que celle de fushukima ....Donc, en cas de séisme, ce serait bien pire ....C'est effectivement un scandale que de demander aux opérateurs si leurs installations sont sûres, bien sûr qu'ils répondront oui. Il ne tiennent pas à faire des millions de travaux. Mais là, il faut, dès à présent mettre des noms, en face des réponses, ainsi s'il ou quand il y aura un "problème" on saura qui mettre en prison avec les assassins et les violeurs.

  • nicolasyzokras, le 17/09/2011 à 00h40

    Qu'on pretende vouloir aborder cet epineux probleme d'une maniere anthropocentrique ou non, L'homme doit sortir du nucleaire, car le danger ne limite pas seulement a l'auto destruction de notre espece immature, mais a la vie sur notre planete toute entiere. Dire le contraire n'est que faire preuve de son incomprehension du sujet d'un point de vue scientifique. Je ne veux pas laisser ce probleme a mes enfants et leurs enfants, car il sera alors trop tard pour reagir... Utilisez votre bon sens, un enfant meme pourrait comprendre l'urgence.

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