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Suisse : du méthane rejeté par un barrage

Edité par
le 12 octobre 2010 à 09h10
Temps de lecture
3min
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Crédits : AFP

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"En moyenne, plus de 150 milligrammes de méthane s'échappent de chaque mètre carré de sa surface vers l'atmosphère. C'est le taux d'émission le plus élevé jamais mesuré dans un lac de latitude moyenne" indiquent les chercheurs de l'institut Eawag, qui ont étudié une partie du lac de Wohlen (500 mètres d'altitude).

Cette étude veut montrer que l'énergie hydroélectrique n'est pas si neutre pour le climat

Les scientifiques estiment que ce lac produit 150 tonnes de méthane par an, soit l'équivalent du CO2 généré par 25 millions de km de circulation automobile ou des émissions annuelles de 2.000 bovins. Ces niveaux "considérables" montrent que "l'énergie hydroélectrique n'est donc pas aussi neutre en carbone qu'on ne le pensait jusqu'à présent" affirme la chimiste, Tonya Del Sontro. "En été, le lac de Wohlen fait parfois penser à une coupe de champagne, une multitude de bulles de gaz remontent vers la surface" ajoute-t-elle.


Le méthane est le composant principal du gaz naturel issu de la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l'absence d'oxygène.
Il se dégage des zones humides peu oxygénées comme les marais et se forme aussi dans l'estomac des mammifères.
Ce gaz à effet de serre absorbe une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, l'empêchant de s'échapper vers l'espace et contribuant ainsi au réchauffement de la planète.
Il est 25 fois plus puissant que le CO2, mais les quantités rejetées dans l'atmosphère sont moins importantes que celles du gaz carbonique.

Les chercheurs se sont également penchés sur les lacs artificiels de montagne

La faiblesse des températures et des apports de matière organique expliquent pourquoi les grands barrages alpins ne rejettent pas autant de méthane que les retenues fluviales en moyenne altitude. Ils vont désormais étudier d'autres lacs de barrage du plateau suisse pour voir si celui de Wohlen constitue une exception et si une correction du bilan méthane de la Suisse s'avère nécessaire, étant donné que ce gaz à effet de serre est inclus dans le protocole de Kyoto.

Il y a eu aussi des expériences dans les lacs de barrage tropicaux

Les scientifiques ont aussi réalisé des expériences préliminaires dans des lacs de barrage tropicaux, dont celui de Kariba (Zambie), à indiqué un des responsables de l'étude, Bernhard Wehrli, relevant que des niveaux "très élevés" de matériaux riches en carbone y ont été trouvés.
Dans le cas du lac de Wohlen, la matière organique en provenance de la rivière suisse Aar se dépose au fond de la retenue d'eau où elle est dégradée par fermentation bactérienne.
Mais "même en attribuant la totalité des émissions de méthane de la retenue au fonctionnement de l'usine hydroélectrique de l'Aar, elles restent, exprimées en équivalents CO2, encore 40 fois moins importantes que la quantité de dioxyde de carbone libérée par une centrale thermique au charbon de puissance équivalente" concluent toutefois les experts.
 
Conclu en 1997, le protocole de Kyoto impose aux 37 pays industrialisés qui l'ont ratifié et à l'Union européenne de réduire leurs émissions de GES de plus de 5% sur la période 2008-2012. Les Etats-Unis ne l'ont jamais ratifié.

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