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DOSSIER : Le nucléaire

Un militant de Greenpeace dans la centrale du Bugey


le 02 mai 2012 à 08h55 , mis à jour le 02 mai 2012 à 16h04.
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5min
Un militant de Greenpeace photographié en train de survoler la centrale du Bugey (2 mai 2012)

Un militant de Greenpeace photographié en train de survoler la centrale du Bugey (2 mai 2012) / Crédits : TF1/LCI

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EnvironnementNouvelle opération spectaculaire de Greenpeace pour souligner les failles de la sécurité des centrales nucléaires : un militant de l'organisation écologiste s'est introduit mercredi matin avec un paramoteur à voile dans la centrale du Bugey. Il a été aussitôt interpellé.

 

L'opération groupée de Greenpeace contre plusieurs centrales nucléaires françaises, en décembre dernier, avait déjà entraîné une enquête et une remise à plat des mesures de sécurité existantes. Mais l'organisation écologiste entend bien démontrer qu'il existe toujours des failles. D'où l'opération spectaculaire lancée mercredi matin : c'est depuis la voie des airs, avec un paramoteur à voile, qu'un militant de Greenpeace s'est approché vers 7h40 de la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain.

La suite est racontée par le colonel Aubanel, commandant de groupement de la gendarmerie départementale de l'Ain : "Il a survolé la centrale, lancé un fumigène puis a atterri à l'intérieur où il a été interpellé". Un autre militant écologiste, qui participait à la même action, a également été interpellé peu après à l'extérieur de la centrale. 

Le directeur de la centrale, Alain Litaudon, a estimé que "Greenpeace n'a rien démontré" en terme de failles,  mais au contraire montré que le "dispositif de protection est efficace puisque l'interpellation a eu lieu en huit minutes".  Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a tenu à souligner pour sa part la rapidité de réaction des services de sécurité : "Le parapente à moteur a été détecté très rapidement puis suivi lors de son survol de la centrale. (...) Avant même qu'il ne survole la centrale, nous avions connaissance du fait qu'il s'agissait d'un militant écologiste menant une action médiatique. Les services de gendarmerie et plus particulièrement le PSPG ont été d'une grande réactivité puisque l'individu de nationalité allemande a été interpellé huit minutes après avoir été repéré".

"Adresser un message aux deux candidats"

L'incident aura donc été de courte durée. Rien à voir avec les 14 heures d'incertitude au cours desquelles des militants de Greenpeace avaient joué au chat et à la souris avec les équipes de sécurité de plusieurs centrales nucléaires. L'opération la plus emblématique avait eu lieu à la centrale de Nogent-sur-Seine, où le "commando" avait filmé son intrusion et déployé une banderole. Reste que si l'intrus du Bugey a été arrêté dès son arrivée dans la centrale, cette action pose une nouvelle fois la question de la protection des centrales nucléaires.  

"L'objectif de cette action est d'adresser un message aux deux candidats à l'élection présidentielle qui nient le risque du nucléaire. On voulait illustrer une agression externe, type chute d'avion", a d'ailleurs déclaré Sophia Majnoni, chargée des questions nucléaires à Greenpeace France, en soulignant : "Alors que l'Allemagne a pris en compte la chute d'avion dans ses tests de sûreté, la France refuse toujours d'analyser ce risque pour nos centrales". L'organisation publie par ailleurs sur son site une étude concernant la vulnérabilité des 58 réacteurs français et des bâtiments abritant les piscines de refroidissement des combustibles irradiés à la chute d'un avion de ligne, un risque qui n'est selon elle pas pris en compte.

L'accident de Fukushima, au Japon, le 11 mars 2011, a conduit l'Allemagne, la Belgique et la Suisse à décider l'abandon à terme de l'énergie tirée de l'atome. Mais en France, les 58 réacteurs du pays et la filière du combustible, du retraitement et de la production pèsent très lourd avec deux des plus grandes entreprises du pays, EDF et Areva. Un contexte dans lequel la filière nucléaire française doit prouver la fiabilité de ses installations. Depuis l'opération de décembre dernier, le gouvernement a ordonné une refonte des procédures de sécurité. Sitôt après l'incident, le groupe EDF s'est d'ailleurs empressé d'assurer dans un communiqué que "la sûreté des installations" de la centrale nucléaire du Bugey n'avait "à aucun moment été remise en cause". Interrogé sur RMC et BFM TV, François Hollande a dit s'en remettre aux autorités administratives pour savoir quelles leçons il fallait éventuellement tirer de l'incident. "S'il devait y avoir des éléments supplémentaires, je fais confiance à l'autorité de sûreté nucléaire pour nous dire quels seraient les travaux nécessaires", a dit le candidat socialiste.

Greenpeace annonce qu'un aéronef a survolé l'usine Areva de La Hague en 2011

Greenpeace, qui a mené mercredi des actions sur la sécurité des centrales nucléaires, affirme avoir survolé le site de retraitement de déchets nucléaires Areva de La Hague fin 2011, et a publié une vidéo du survol. "A l'époque on a pu faire ça tranquillement, ils n'ont absolument pas réagi, ils ne se sont aperçus de rien", a affirmé à l'AFP Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. Ce survol date de fin novembre 2011 mais Yannick Rousselet, interrogé par l'AFP, s'est refusé à préciser si l'engin qui a effectué le survol était avec ou sans pilote.

Commenter cet article

  • terry_dallas_tx : Ce genre de clownerie ne peut mener qu'a une tragedie un jour ou l'autre: soit un militant de Greenpeace se fera descendre par la securite croyant avoir affaire a un terroriste, soit un veritable terroriste parviendra a commettre un attentat devant la securite rendue blasee et passive, croyant avoir affaire a un militant de plus...

    Le 03/05/2012 à 01h32
  • mustang51 : Un parapente à moteur a une charge utile de 10 kg en plus du passager... Quelle est donc cette "démonstration" ?

    Le 02/05/2012 à 16h00
  • lasconi290 : Ils ont bien vu que c'était pas un avion et qu'il y avait aucune menace

    Le 02/05/2012 à 14h33
  • pascalcaen : ??? 99% de la recherche en France est consacrée aux énergies fossiles et au nucléaire, et tu veux nous faire croire que les écolos "bloquent toute recherche" ? En même temps, si tu les crois si puissant...

    Le 02/05/2012 à 14h31
  • pascalcaen : Est-ce inutile de pointer les failles de sécurité? Je te laisse juge.

    Le 02/05/2012 à 14h28
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