© sxc.huL'organe qui conserve les archives de la Stasi, l'ex-police politique de la République Démocratique Allemande, a exhumé un document prouvant qu'il fut ordonné, sous le régime communiste est-allemand, de tirer sans condition sur toutes les personnes tentant de fuir la RDA, y compris sur des femmes et des enfants. "N'hésitez pas à faire usage de votre arme à feu, même en cas de violation des frontières par des femmes et des enfants, souvent utilisés par les traîtres" dans leurs tentatives de fuite, indique le document retrouvé par une antenne des archives de la Stasi à Magdebourg, dans l'est de l'Allemagne. Celui-ci ordonnait également "d'arrêter ou liquider" les fugitifs.
Le dernier chef d'Etat de la RDA avant la Réunification en 1990, Egon Krenz, a donné une autre version des faits au quotidien Bild Zeitung de lundi. "Il n'y a pas eu d'ordre de tirer. Je ne le sais pas par des documents, mais de ma propre expérience. Un tel ordre aurait aussi été en contradiction avec les lois de la RDA", a-t-il dit.
L'ordre de tirer longtemps nié
"Ce document est d'une importance particulière, parce que les personnes à l'époque politiquement responsables ont toujours nié que des ordres de tir aient été donnés", a déclaré la directrice des archives de la Stasi, Marianne Birthler, au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung dimanche. Pourtant, la connaissance de l'existence d'ordres de tirs n'est pas nouvelle, un historien ayant déjà cité auparavant dans un livre un document faisant état de tels ordres, a nuancé dimanche le porte-parole des archives de la Stasi, Andreas Schulze. Il a admis que la révélation de l'historien était passée inaperçue, y compris pour ses services.
Le texte exhumé concerne les ordres donnés dans une note de service le 1er octobre 1973 à une unité spéciale de la Stasi, créée en 1968 et en activité jusqu'en 1985. Cette unité formait des agents pour les introduire en secret dans les troupes surveillant les frontières, afin qu'ils tirent sur les fugitifs qui tentaient de franchir le Mur de Berlin ou d'autres frontières est-allemandes, et qu'ils encouragent leurs camarades à faire de même. "Ce document était une autorisation de tuer à la frontière est-allemande", a commenté l'historien Hubertus Knabe, directeur du Mémorial de Hohenschönhausen dédié aux victimes de la Stasi, à Berlin, dans le journal Welt am Sonntag. Il a appelé le parquet de Magdebourg à ouvrir une enquête, voyant dans ce document une incitation au meurtre ou à l'homicide.
(D'après agence)
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