La Joconde peinte par Léonard de Vinci entre 1503 et 1507 © TF1/LCIDe son sourire énigmatique à son hypothétique grossesse sans compter les sources qui ont inspiré Léonard de Vinci, on pensait avoir tout dit sur Mona Lisa. Mady Elias, chercheuse du Centre national de la recherche scientifique, fait pourtant de nouvelles révélations. Elle s'est attaquée au mystère du voile vaporeux qui enveloppe le sourire de la Joconde, le "sfumato". Et ses travaux, publiés dans la revue Applied Optics, révèlent que Léonard de Vinci a utilisé pour peindre le portrait une technique de superposition de couches, dont un glacis inventé à l'époque par les Primitifs flamands.
Non, la Joconde ne se prête pas !
Le célébrissime tableau de Léonard de Vinci est "extrêmement fragile" et son transport est "inenvisageable", a déclaré vendredi le musée du Louvre suite à la demande de prêt d'une société italienne.
Publié le 24/06/2011
La partie superficielle est une superposition de couches de "terre d'ombre", une ocre contenant un peu de manganèse, caractéristique de ce fameux glacis. La seconde couche est "un mélange de 1% de vermillon et 99% de blanc de plomb, technique utilisée par tous les Italiens à l'époque", ajoute la chercheuse. Voici donc réalisée, pour la première fois, la seule démonstration scientifique de la composition des couches du célèbre tableau.
Le tableau ausculté à distance
Mais comment une analyse aussi fine a-t-elle été possible ? Que les amoureux d'art se rassurent : "On n'a pas fait de prélèvement" pour analyser la composition de l'oeuvre, souligne Mady Elias. "On a fait des équations, c'est-à-dire de la modélisation, et c'est la première fois qu'on applique dans l'art (...) un bilan des flux lumineux dans la matière", technique jusqu'ici utilisée en sciences de l'atmosphère et en océanographie.
Concrètement, les composants de ces couches ont été identifiés sans toucher à l'oeuvre, grâce à une caméra multi-spectrale permettant de mesurer cent millions de spectres lumineux en autant de points du tableau, mise au point par Pascal Cotte, directeur technique de la société Lumiere Technology, dont le siège est à Paris. Selon le président de Lumiere Technology, Jean Pénicaut, "la lumière projette sur un tableau un rayon lumineux" qui permet de mesurer les spectres des composants de la couche picturale. La mesure est à la fois optique (décomposée en 240 millions de pixels), physique et chimique.
D'après agence
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