Un campement de chasseurs-cueilleurs du Mésolithique (de 9000 à 5000 ans avant J-C) a été découvert en juin 2008 par l'Inrap à Paris. © Denis Gliksman/InrapParis vient de prendre un coup de vieux. Un campement de chasseurs-cueilleurs nomades du Mésolithique (9.000 à 5.000 ans avant notre ère) a été découvert dans le XVe arrondissement de Paris. Comme par un pied de nez de l'histoire, c'est sur le site du futur centre de collecte sélective des déchets de l'agglomération parisienne que d'autres débris, millénaires ceux-ci, ont été exhumés par une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).
Les limons de la Seine ont préservé de l'usure du temps ces traces du passé. Il s'agit principalement de silex taillés et des fragments d'os d'animaux probablement consommés sur place. "Ces vestiges mais aussi un foyer laissent présumer des bivouacs de quelques jours à plusieurs semaines", indique l'Inrap. Dans ces cinq haltes de chasse mis au jour sur un site de 5000 m2, les chasseurs ont "surtout renouvelé leur panoplie de pointes de flèches" mais ils ont aussi découpé de la viande et gratté des peaux "pour la confection de vêtements ou de tentures".
Du propulseur à l'arc
"Le Mésolithique fait suite au réchauffement climatique survenu il y a 10.000 ans, explique à LCI.fr Bénédicte Souffi, coresponsable du chantier de fouilles. Il y avait davantage d'arbres et d'arbustes, peu de prairies. Ce qui explique que les chasseurs abandonnent le propulseur [une sorte de manche dans lequel était insérée la sagaie, NDLR] pour l'arc, mieux adapté à la chasse en forêt. C'est une période où les cerfs et les sangliers apparaissent dans la région tandis que rennes et chevaux disparaissent." Et l'archéologue d'ajouter : "Environnement, climat et même êtres humains sont quasiment les mêmes qu'aujourd'hui".
Les fouilles ont débuté fin février - un travail "long et fastidieux" car les fragments de silex sont vraiment très petits (1 à 3 cm) - et se termineront fin juillet. Les excavations seront alors comblées pour laisser place aux équipes de travaux publics. Entre temps, toutes les informations auront été "ramassées", rassure l'archéologue : "chaque pièce [objet découvert, NDLR] a été enregistrée au niveau de sa position dans le sol", souligne-t-elle.
Six mois d'analyses seront nécessaires pour aboutir à la publication d'un premier rapport mais ces découvertes continueront d'être décortiquées par différents spécialistes. Objectif des archéologues : comprendre comment vivaient nos ancêtres nomades, ce qui les motivait, quelles étaient leurs influences. Lesquelles sont révélées par les pointes des flèches : la façon dont elles étaient taillées n'étaient pas la même dans le Nord de l'Europe et dans le Sud. La région qu'occupe aujourd'hui Paris se trouvait justement à la confluence de ces différentes influences.
Portes ouvertes sur le Mésolithique |
Le public est invité à découvrir le site samedi 28 juin, au 62 rue Henry-Farman, Paris XVe, de 10h à 12h et de 14h à 18h. Au programme : visite, présentation de quelques vestiges, démonstrations de tailles de silex et de tir à l'arc. |
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