14:23 Le chef de l'Etat dépose une gerbe de fleurs sur la tombe du Soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe © TF1/LCIY-a-t-il trop de commémorations en France ? A deux jours des cérémonies du 11 novembre, la question est soulevée par la publication d'un rapport mené par l'historien André Kaspi pour le compte du secrétariat à la Défense et aux Anciens combattants. Celui-ci préconise notamment de limiter le nombre de commémoration au niveau national à trois par an (le 11 novembre, le 8 mai et la 14 juillet), contre douze actuellement. Le Parisien dévoile des extraits de ce rapport, qui estime qu'il est nécessaire de "mettre un terme aux multiplications des journées de repentance pour satisfaire un groupe de victimes". Le texte propose ainsi de laisser aux collectivités locales le soin de décider ou non de conserver ces commémorations "pour mieux transmettre aux nouvelles générations la mémoire qu'elles représentent".
La question est également soulevée indirectement au sein du gouvernement. Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet souhaite lui non pas une réduction, mais une modification du calendrier. Selon le JDD, il va proposer prochainement que le 8 mai, jour férié célébrant la victoire sur l'Allemagne nazie, soit remplacé par une Journée de l'Europe, le 9 mai.
Un lifting pour les commémorations
Mais dans les rangs de la majorité, l'idée même de la suppression de ces commémorations risque de provoquer un tollé. Premier à réagir sur Radio J dimanche, Jean-François Copé, le patron des députés UMP : "Je suis totalement hostile à supprimer ces rendez-vous nationaux. Je vais sans doute paraître conservateur mais tant pis". "A un moment où nous sommes en train de réfléchir à comment reconstituer une identité française, imaginer qu'on puisse le faire en foulant aux pieds des éléments majeurs de notre histoire, c'est un contresens vraiment très fort", a-t-il insisté. "Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas imaginer des rendez-vous supplémentaires de commémoration, pas forcément des jours fériés d'ailleurs. Qu'il y ait lieu de marquer la journée de l'Europe (le 9 mai) ne me choque pas du tout", a ajouté le député de Seine-et-Marne.
Pour Jean Marie Bockel, qui recevra officiellement ce rapport dans le cours de la semaine, ces conclusions imposent une vraie réflexion. Il estime dans Le Parisien qu'il ne faut pas supprimer les grandes commémorations, comme le 11 novembre, qui sont un "grand moment de cohésion nationale", mais juge nécessaire la mise en place d'un éclairage, notamment dans les écoles, sur la dimension historique de ces commémorations, car elles sont selon lui aujourd'hui "trop isolées" et "coupées de leur contexte". Une volonté, donc, de statu quo et de meilleure explication, qu'il a précisée dimanche en marge d'une réunion avec ses homologues européens ou leurs représentants : "Autant je suis contre l'inflation mémorielle, autant je suis contre la remise en cause de commémorations existantes qu'elles soient nationales ou autres".
Un avis peut-être moins tranché que celui du chef de l'Etat, qui avait souhaité en janvier dernier que ces cérémonies évoluent pour "toucher un public plus jeune qui n'a pas connu ce que nous commémorons". Au risque de faire des choix douloureux ?
Retour MYTF1
Chargement en cours...




