Kaspi assure ne vouloir supprimer aucune commémoration

le 10 novembre 2008 à 14h05 , mis à jour le 10 novembre 2008 à 14h37

Dans le rapport qu'il présentera mercredi au gouvernement, l'historien entend donner "une signification particulière" au 11 novembre, au 8 mai et au 14 juillet.

11 novembre 2007 devant l'Arc de Triomphe à Paris11 novembre 2007 devant l'Arc de Triomphe à Paris © TF1/LCI

Après la polémique suscitée par les extraits du rapport qui sera présenté mercredi au gouvernement par André Kaspi (lire notre article), l'historien tente de calmer le jeu. "Ce que je veux, c'est d'abord prendre en compte le fait qu'il y a beaucoup de commémorations, puisqu'une véritable inflation s'est faite depuis 1999", relevant parfois du "clientélisme" et du "communautarisme", a-t-il expliqué. "Je pense qu'il faut que trois d'entre elles revêtent une signification particulière : le 11 novembre, le 8 mai et le 14 juillet", a-t-il indiqué.

Parmi les différentes dates de commémorations historiques, ces trois dates sont les seuls jours fériés officiels. "Le 11 novembre, ça peut être le moment où l'on commémore tous les morts pour la France, que ce soit la Grande guerre, les guerres postérieures et les guerres à venir. Le 8 mai, c'est la victoire sur le totalitarisme nazi, la victoire de la liberté, de la démocratie. Quant au 14 juillet, c'est la fête de la nation tout entière, des valeurs de la Révolution française", a détaillé André Kaspi. "Mais ça ne veut pas dire que les autres commémorations doivent être supprimées."

Un statut national tous les 10 ans ?

Selon lui, les autres dates pourraient avoir "un statut régional" ou "communautaire", "mais elles pourraient de temps à autre avoir un statut national, par exemple tous les 5, tous les 10 ans, ou dans des circonstances particulières", a-t-il précisé, avant d'ajouter qu'"il y a un risque de désintérêt de la jeunesse pour ces commémorations, c'est pour ça qu'il faut réfléchir à leur nombre" et "ouvrir un débat".

Dimanche, après la publication dans Le Parisien d'extraits du rapport, Jean-François Copé, le patron des députés UMP, s'est déclaré sur Radio J : "totalement hostile à supprimer ces rendez-vous nationaux. Je vais sans doute paraître conservateur mais tant pis". "A un moment où nous sommes en train de réfléchir à comment reconstituer une identité française,  imaginer qu'on puisse le faire en foulant aux pieds des éléments majeurs de notre histoire, c'est un contresens vraiment très fort", a-t-il insisté. 

Pour le secrétaire d'Etat aux anciens combattants Jean-Marie Bockel, qui recevra officiellement ce rapport dans le cours de la semaine, ces conclusions imposent une vraie réflexion. Il estime dans Le Parisien qu'il ne faut pas supprimer les grandes commémorations, comme le 11 novembre, qui sont un "grand moment de cohésion nationale", mais juge nécessaire la mise en place d'un éclairage, notamment dans les écoles, sur la dimension historique de ces commémorations. Lundi, il a également suggéré à Mulhouse d'introduire des symboles européens lors des commémorations de combats.

le 10 novembre 2008 à 14:05
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