Il y a cent ans, les Parisiens se réveillaient les pieds dans l'eau

Par , le 28 janvier 2010 à 06h00 , mis à jour le 28 janvier 2010 à 07h24

La crue de 1910 est restée dans la mémoire des Parisiens comme l'un des pires épisodes de l'histoire de la capitale. "Paris inondé" est exposé à la Bibliothèque Historique de la ville de Paris.

Boulevard Saint-Germain, Paris 1910 Boulevard Saint-Germain, Paris 1910. © Bibliothèque Historique de la Ville de Paris/Roger-Viollet

L'exposition de "Paris Inondé.1910" à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, montre la métamorphose de Paris, cent ans après la crue de 1910. ©
 
20 000 immeubles inondés, 150 000 personnes sinistrées, des dégâts considérables, la crue de 1910 est restée dans la mémoire des parisiens comme un des épisodes les plus traumatisants de l'histoire de la capitale. Une exposition à la Bibliothèque historique de la ville de Paris présente plus de 200 documents sur ces jours d'inondation.
  • Paris, 1910 : retour sur une crue exceptionnelle

    Il y a cent ans, la Seine sortait de son lit à Paris, recouvrant les boulevards d'eau boueuse, chassant de chez eux des milliers de Parisiens, qui furent privés d'électricité pendant des mois.

    Publié le 21/01/2010 Paris, 1910 : retour sur une crue exceptionnelle
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Après un été 1909 particulièrement pluvieux, suivi d'un hiver marqué par des pluies et des neiges importantes qui saturent l'eau des terres et causent une forte monté de la Seine, Paris commence l'année 1910 par un  mois de janvier particulièrement "terrible". Des pluies torrentielles frappent toute l'Europe à partir du 18 janvier 1910 et déclenchent des crues du fleuve et des affluents, touchant la région parisienne puis la capitale.
 
L'eau de la Seine envahit Paris, en sous-sol et en surface. Elle s'engouffre dans une galerie du réseau souterrain de 1 200 km qui abrite les égouts, la distribution de l'eau potable, la transmission par pneumatique et les câbles du téléphone. Deux voies de chemins de fer construites le long des quais de la Seine rive gauche jusqu'aux gares d'Orsay et des Invalides, offrent une voie royale à l'inondation. Douze arrondissements seront touchés par cette crue.  

Les transports paralysés
 
Paris, ville moderne, devient une ville éteinte, les câbles fournissant l'électricité sont noyés. Les transports sont paralysés. Les vieux omnibus hippomobiles sont remis en service, les 75 000 chevaux encore présents dans la capitale sont réquisitionnés. Beaucoup mourront, victimes des trajets pénibles et insalubres. Quatre gares sur les dix que compte la capitale à l'époque, sont touchées par l'inondation.  Le transport fluvial, très actif à l'époque, est lui aussi interrompu.           
 
La banlieue est aussi durement touchée ; 200 000 personnes se réfugient dans la capitale où les capacités d'accueils sont plus grandes. Paris n'aura à déplorer qu'un seul mort, mais les dégâts sont considérables, estimés à 400 millions de francs à l'époque (soit plus d'un milliard d'euros). A partir du 29 janvier, la Seine cesse de monter mais deux crues secondaires se produisent encore en février et mars. Il faudra attendre le 15 mars avant que la Seine ne regagne définitivement son lit.
 
Des photos et documents inédits
 
La crue de 1910 est restée dans les mémoires, du fait de son ampleur mais aussi en raison de la médiatisation sans précédent dont elle a été l'objet. Elle a été la première catastrophe à être   suivie par les nouveaux médias (agences de presse, journaux à grand tirage avec photos).  L'exposition de la Bibliothèque historique de la ville de Paris présente plus de 200 documents, pour la plupart inédits, issus de sa collection. Cette exposition restitue cent ans après la métamorphose de Paris pendant l'inondation et les bouleversements de la vie des Parisiens. 

Par Véronique Buonomano le 28 janvier 2010 à 06:00
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17 Commentaires

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  • nadock1, le 28/01/2010 à 16h06

    J'ai vu le zouave du Pont de l'Alma avec de l'eau a mi-torse dans les années 60 lors d'un déplacement a Paris (je ne souviens plus de l'année ) . Depuis 1970 et le nouveau pont, le zouave est plus haut qu'à l'origine, on ne peut plus comparer avec le passé .

  • peterpaf, le 28/01/2010 à 14h23

    "loin de la réalité"? 12 millions d'habitants (Paris+RP) "loin de réalité" ? Et pourquoi ça ?

  • robert51, le 28/01/2010 à 14h05

    Moi aussi j'aime mon pays et alors ? par contre Paris est loin de faire partie de ma ville préférée ...

  • citizen31, le 28/01/2010 à 13h57

    Fantastiques photos (enfin pour une personne vivant en 2010, pour les parisiens de 1910 j'aurais choisi un autre mot...)

  • euzenot-furiga, le 28/01/2010 à 13h25

    Vers 1949 / 1950 l'eau de la seine était entré chez ma grand-mère qui habitait rue de la corvée à Courbevoie pas très loin du pont de Neuilly, je me souviens que les rats avaient quitté les caves et se promenaient là où l'eau n'était pas, je devais avoir 5 / 6 ans à l'époque.

  • katy78620, le 28/01/2010 à 12h48

    C est juste la capitale de la France... Et j'aime ma ville et mon pays

  • flo54321, le 28/01/2010 à 12h11

    Magnifiques ces photos. Surtout qu'à cette époque y'avait même pas photoshop.

  • danou34110, le 28/01/2010 à 11h44

    J'ai bientôt 63 ans et mes parents ont acheté leur premier téléviseur quand j'avais huit ans. Je me souviens que tous les ans, ou presque, on nous montrait, sur l'unique chaîne existante (en noir et blanc puisque la couleur n'existait pas encore), la statue du Zouave du Pont de l'Alma, qui servait de jauge, dont les pieds, d'abord, puis les jambes etc disparaissaient dans l'eau de la Seine qui montait. C'était un phénomène récurent et ça devenait vraiment grave quand les genoux disparaissaient sous l'eau. Je ne me souviens plus jusqu'où l'eau pouvait monter sur ce pauvre soldat de pierre mais je pense que ça pouvait aller très haut. Les crues de la Seine ont cessé d'être quasi annuelles grâce à des travaux qui ont été faits en amont de Paris pour que les quais de Seine puissent rester ouverts à la circulation et que les parisiens n'aient plus systématiquement les pieds dans l'eau. Autant que je me souvienne, ces débordements coïncidaient avec la fonte des neiges dans les campagnes en amont, ce qui laisse supposer qu'il neigeait aussi abondamment tous les ans.

  • nadock1, le 28/01/2010 à 11h34

    QUELQUES CRUES HISTORIQUES DE LA SEINE A PARIS / 583 : Première crue mentionnée touchant la capitale et les communes au bord du fleuve . 886 : Crue historique ; qui provoqua la levée du siège de Paris par les Normands, plusieurs de leurs navires s'étant échoués .1196 : Grande inondation au mois de mars, des villages entiers avec leurs habitants sont submergés, et les ponts de la Seine se rompent .1206: Le déluge fut tel qu'on ne pouvait circuler qu'en bateau, une bonne partie des édifices et bâtiments s'abattirent.1219: L'eau monta jusqu'au deuxième étage des maisons de la Cité. Les années 1235, 1240 et 1242 connurent aussi des inondations, une des plus mémorables eut lieu en 1281. 1296 : Le 20 décembre les eaux se répandirent dans presque toutes les rues de Paris, le Petit Châtelet fut détruit. 1658 : Le 27 février se produit la pire inondation, l'eau envahit la moitié de la ville, noyant les maisons des faubourgs jusqu'au 1er étage, renversant 3 arches du pont Marie et emportant 55 personnes. La hauteur d'eau de l'ordre était de l'ordre de 8,63 m (39 cm de plus qu'en 1910).1740 : Elle est seulement nommée « crue mémorable ». 1802 : L'eau apparaît place du Hâvre reprenant l'ancien cours du lit de la Seine . 1876 : En hiver pluie ininterrompue durant plus d'un mois. Le 2 mars, les campagnes et les villages de Joinville, Maisons-Alfort et Charenton disparaissent sous un immense lac. L'armée doit évacuer totalement les habitants d'Alfort. Jusqu'au 18 mars, la situation se dégrade. Plus de 450 maisons sont inondées et endommagéés. -1910 : La plus importante du XXe siècle .

  • elficbar, le 28/01/2010 à 11h27

    On n'attendrait pas l'assistanat, on l'exigerait et même on ne comprendrait pas qu'elle ne soit pas déjà là......

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