Euro 2008 : le milieu de terrain Andrea Pirlo trompe le gardien français Grégory Coupet lors d'un penalty, pendant France-Italie, le 17 juin. © ReutersToute l'intensité d'un match de football culmine au moment du tir au but. Dans l'arène immense, l'action se concentre sur quelques mètres carrés. Deux hommes se font face, se jaugent ou s'évitent du regard, concentrés. La rumeur du stade se tait. Le pouls des cœurs s'accélère. Le joueur s'élance, le gardien se fige avant de bondir...
Quel qu'en soit le résultat, le duel est jugé d'autant plus cruel et injuste qu'il relève du hasard et non de la performance sportive. Erreur ! Pour maîtriser la technique du penalty, gardiens chanceux et buteurs malheureux (et vice versa) feraient bien de retourner à leurs études scientifiques, prévenait la revue Nature, lors du Mondial 2002.
Les yeux du gardien
Arrêter un "péno" implique de savoir analyser la position du tireur juste avant qu'il frappe le ballon, affirmait alors Mark Williams, de l'université John Moores de Liverpool (Royaume-Uni). Pour aboutir à cette conclusion, qui semble évidente pour le fan de football, le chercheur a comparé un groupe de gardiens confirmés avec des amateurs. Ils ont tous visionné des vidéos de penalties, filmées du point de vue du portier. A l'aide d'un joystick, chaque "cobaye" devait prédire dans quel direction le tireur frapperait le ballon et essayer de placer le joystick à l'endroit où intercepter le ballon avant qu'il franchisse la ligne blanche. Un gardien professionnel sur trois a su arrêter (virtuellement) le tir, contre un amateur sur quatre. Et même lorsqu'ils manquaient leur arrêt, les "pro" étaient plus nombreux à prévoir la trajectoire de la balle.
Des scores qui reposent sur la capacité d'anticipation du gardien, peut-être instinctive. Le chercheur a donc enregistré le mouvement des yeux des gardiens. Ceux des amateurs font des allers-retours un peu partout, lançant quelques coups d'œil paniqués au corps, aux bras et aux jambes du tireur. Les "pro", eux, concentrent leur attention sur la position de la jambe d'appui et sur l'angle du pied qui va frapper la balle. Ils disposent alors d'une demi-seconde pour analyser la situation et prendre une décision.
Les penalties, ça se travaille
L'entraînement s'avère décisif pour gagner des précieux millièmes de secondes sur ce temps de réaction du gardien. Ce n'est pas l'avis de Raymond Domenech, qui avait indiqué en début de Mondial 2006 que les tirs au but ne se travaillent pas particulièrement à l'entraînement...
Tirs au but : une question de maths |
Autre étude précédemment publiée dans Nature : le chercheur britannique Tim McGarry, de l'université canadienne du Nouveau Brunswick, avait effectué une analyse mathématique de l'ordre dans lequel les cinq joueurs devraient tirer leur penalty lors d'une séance de tirs au but. Selon lui, il faut garder les meilleurs buteurs pour la fin, lorsque les penalties deviennent de plus en plus décisifs.
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