Un champ de colza en Europe. © Médiathèque Commission européenneLa directive date de 2001, elle aurait dû être transposée en droit français en 2002, mais c'est seulement ce mardi que le Journal officiel a publié les deux décrets nécessaires. La Commission européenne avait d'ailleurs manifesté son mécontentement devant ce retard en demandant une lourde amende contre la France fin 2006 : 38 millions d'euros plus une astreinte journalière de plus de 360.000 euros... Concernant respectivement le contrôle de la mise sur le marché et les essais en plein champ des OGM, ces deux textes tout récemment publiés reprennent dans l'édifice législatif français la directive européenne 2001/18 relative aux organismes génétiquement modifiés.
Les procédures sont désormais les suivantes : pour les essais en champs, le demandeur doit constituer un dossier qui comprend notamment "les éléments d'information permettant d'évaluer l'impact des essais sur la santé publique et sur l'environnement" et un "plan de surveillance" afin de contrôler leurs effets. La demande est transmise à une commission qui évalue les risques pour la santé et l'environnement. Les pouvoirs publics doivent également consulter le public "afin de recueillir ses observations" sur la demande d'autorisation. Quant à la mise sur le marché de produits (médicaments, semences, engrais...) contenant des OGM, elle peut être autorisée pour une période de dix ans. Les rapports, décisions et résultats de la surveillance doivent être rendus publics.
Une loi bloquée aux portes de l'Assemblée
La publication de ces deux textes fait réagir les pourfendeurs des OGM. La fédération d'associations écologistes France nature environnement (FNE) a jugé dès lundi que l'adoption de décrets sur le sujet privait le Parlement d'un débat démocratique sur les enjeux des OGM, estimant qu'une loi était "indispensable". Il est vrai qu'à l'origine, c'est bien une loi qui était prévue : la transposition de la directive européenne a fait l'objet d'un projet de loi adopté par le Sénat en mars 2006... mais qui n'est pas passé à l'Assemblée nationale, faute de temps, selon le gouvernement. D'où le décret comme solution de repli pour couper court aux sanctions engagée par Bruxelles...
Les opposants aux OGM pourraient avoir d'autres motifs de protester, puisque cette double publication intervient alors même que le ministère de l'Agriculture a annoncé l'autorisation pour 2007 de treize essais de cultures d'OGM en plein champ sur les quatorze dossiers qui avaient été déposés. Douze concernent des maïs, un du tabac et le dernier une pomme de terre génétiquement modifiée. Un autre essai concernant ce tubercule n'a pas été autorisé. Les firmes qui ont obtenu les autorisations sont Syngenta, Pioneer, Librophyt, Biogemma, Monsanto et BASF. Ces quatorze dossiers ont été évalués par la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB), chargée d'évaluer les risques pour la santé et l'environnement, dont les avis sont publiés sur le site www.ogm.gouv.fr. A noter toutefois que le nombre d'autorisations est en diminution sur celui de 2006 (17).
D'après agence
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