© TF1-LCILe télescope Antarès sera bientôt pleinement équipé pour la traque. Il disposera de la totalité de ses capteurs d'ici quelques mois. Particularité la plus étonnante à première vue de ce monstre de technologie censé scruter les particules venues du fond de l'espace : il est... sous-marin. Immergé par 2400 m de fond au large de l'île de Porquerolles, il est conçu pour traquer les neutrinos, des particules cosmiques qui traversent la Terre, et avancer ainsi dans la compréhension de l'univers.
Cet observatoire astronomique, dont la station à terre est basée à l'Institut Michel Pacha à La Seyne-sur-mer, est déjà opérationnel grâce à ses cinq lignes de 450 m de long actuellement en fonction. La première ligne de capteurs avait été immergée en février 2006 et la dernière des douze prévues (900 capteurs au total) doit être installée d'ici fin 2007. Selon John Carr, coordinateur du projet, Antarès a déjà pu effectuer des mesures sur des neutrinos "de très haute énergie" et l'équipe scientifique internationale espère observer une centaine de ces particules en provenance de différentes sources dans la galaxie (étoiles, pulsars, restes de super novae, etc.) d'ici la fin de l'année.
Des neutrinos aux crevettes des grands fonds
Les neutrinos ayant une charge électrique neutre sont indétectables par les instruments classiques et traversent la Terre le plus souvent sans laisser de traces. Le télescope sous-marin traque en réalité le sillage lumineux laissé par ces neutrinos lorsqu'ils percutent, par hasard, un noyau atomique. Les chercheurs reconstituent sa trajectoire pour tenter d'expliquer le big bang et la matière qui compose notre univers. Toute la difficulté est de distinguer ces neutrinos de très haute énergie, en provenance de l'espace lointain, des neutrinos "atmosphériques" qui bombardent en permanence notre planète (plusieurs milliards par centimètre carré et par seconde).
Autre source parasite pour les mesures lumineuses d'Antarès, en théorie immergé dans le noir absolu : les crevettes, poissons, vers et autres organismes "bio luminescents" des grands fonds marins. Ces "pollutions lumineuses", observables en temps réel sur les écrans de l'Institut Michel Pacha, seront toutefois étudiées par les chercheurs qui devraient à terme être capables de dresser, à destination des experts en biologie marine, une carte d'identité de ces espèces en fonction de la fréquence de leurs émissions lumineuses.
D'après agence
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