Survivre 13 jours sous l'eau grâce à son urine

Par Matthieu DURAND, le 21 avril 2007 à 07h00 , mis à jour le 20 avril 2007 à 17h15

Un Australien a passé 13 jours sous l'eau dans un caisson métallique avec pour seul oxygène celui produit par une algue et son urine. Une expérience très sérieuse.

TF1-LCI BioSubLe biologiste Lloyd Godson pose devant le BioSub, caisson métallique dans lequel il a vécu 13 jours en auto-suffisance, en avril 2007. © BioSub Project

Certains rêvent d'aller sur la Lune ou de nager avec des dauphins, Lloyd Godson, lui, a juste voulu créer et vivre dans son propre "microcosme bio-régénérateur". En clair, survivre dans un espace confiné et auto-suffisant au sein d'un environnement hostile. Dans le cadre du concours "Vivez votre rêve", le magazine Australian Geographic a permis à ce biologiste marin australien de concrétiser son projet.

Algues reines

L'homme, âgé de 29 ans, s'est ainsi enfermé à partir du 5 avril et pendant 13 jours dans un caisson en métal qui a été plongé à 3 mètres de profondeur, dans un lac australien. Dimensions de son habitacle, baptisé BioSub : 3m x 2m x 2m. Première difficulté : comment respirer dans un espace sans aération ? Lloyd Godson a utilisé un "bioréacteur photosynthétique" appelé Biocoil. Ce procédé, mis au point par des étudiants de Cascade, dans l'Idaho (Etats-Unis), crée de l'oxygène et "avale" le CO2 émis par Lloyd grâce à une algue trempée... dans l'urine du biologiste.

Un autre système, l'Air2water, a permis de transformer l'humidité dans l'air en eau potable. Le reclus a produit son électricité grâce à un vélo d'intérieur modifié. Et la nourriture ? Une autre algue était prévue au menu. Voilà pour le programme d'origine. Le pari de l'autosuffisance a été presque tenu : pour éviter un risque d'indigestion lié au "régime tout algue", des plongeurs ont amené des repas chaque jour ; des panneaux solaires, disposés sur la berge, ont fourni un complément d'énergie ; enfin, à la suite de quelques mauvais réglages du Biocoil, une seule bouffée d'air frais a été injectée quotidiennement dans le caisson.

Vélo, chat et batterie

L'état physiologique et psychologique du solitaire volontaire a été suivi en permanence pendant toute la durée du séjour. Pour s'occuper, le biologiste a fait du vélo donc, joignant ainsi l'utile à l'agréable ; il a communiqué avec l'extérieur grâce à un ordinateur portable "waterproof" (au cas où le caisson aurait eu des fuites ?) ; il a également joué de la batterie et même composé une chanson !

Cet hymne sous-marin ainsi que le détail de l'opération sont disponibles sur un site internet. Le projet semble farfelu mais les données scientifiques recueillies pendant ces 13 jours seront rigoureusement analysées : elles pourraient permettre à mieux préparer la construction d'habitacles en milieu sous-marin ou spatial.

Par Matthieu DURAND le 21 avril 2007 à 07:00
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