Pierre-Gilles de Gennes © Images CNRSIl avait été qualifié d'"Isaac Newton de notre temps" par l'Académie suédoise au moment où il recevait le Prix Nobel de physique en 1991. Grand, la voix grave, d'un contact facile et adoré de ses étudiants, apôtre de la pluridisciplinarité, de l'ouverture d'esprit, Pierre-Gilles de Gennes est mort vendredi à l'âge de 74 ans. L'inhumation aura lieu dans la plus stricte intimité, indique sans plus de détail l'annonce parue dans le carnet du quotidien Le Monde mardi.
Ce professeur a travaillé sur le magnétisme, les supraconducteurs, l'hydrodynamique, les polymères, les cristaux liquides, les gels, les colles, il a toujours tenté de comprendre l'ordre et le désordre tels qu'ils se présentent dans la nature, pour mieux déceler le fonctionnement des phénomènes et les utiliser.
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Il a notamment su décrire mathématiquement le passage de l'ordre au désordre au niveau moléculaire. Il avait à coeur de partager son savoir et son expérience avec les plus jeunes. Une fois Prix Nobel, il entreprit ainsi une série de conférences dans les collèges ou lycées, une aventure dont il tira un livre : "Les Objets fragiles".
Passant de la recherche fondamentale à la recherche appliquée, il a travaillé sur les cristaux liquides pour en découvrir les propriétés électro-optiques. Des travaux qui ont conduit notamment à la mise au point des écrans plats des télévisions, des calculettes, des montres. Son ouvrage "The Physics of Liquid Crystals", publié en 1974, demeure une référence.
Figurant dans un film
Ses nombreuses recherches ont également abouti à la mise au point de colles contacts ("superglues"), aujourd'hui connues de tous mais qui ont surtout trouvé d'importantes applications industrielles en permettant de remplacer et de simplifier dans de nombreux cas la technique du rivetage.
Il a même joué au cinéma, dans une adaptation de la pièce de théâtre "Les Palmes de M. Schutz" réalisée par Claude Pinoteau. Dans ce film (1997) inspiré de la vie de ses célèbres prédécesseurs Pierre et Marie Curie, inventeurs du polonium et du radium, il interprétait l'un des deux cochers, l'autre étant Georges Charpak, prix Nobel de physique 1992.
Nicolas Sarkozy a exprimé mardi sa "grande tristesse" après le décès du physicien, en saluant "son talent et son immense intelligence". Le Premier ministre François Fillon a salué sa "personnalité généreuse" et "l'excellence" de son travail. "Pierre-Gilles de Gennes a marqué des générations de chercheurs et d'étudiants", a souligné pour sa part Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. "La France perd un de ses esprits les plus brillants", a estimé Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de la Recherche et président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen. Le président de l'UDF et fondateur du Mouvement démocrate François Bayrou a jugé qu'il "n'était pas seulement un immense savant" mais qu'il "était d'abord un esprit libre".
D'après agence
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