Foie gras © TF1 - LCILa consommation de foie gras accélérerait chez des souris génétiquement modifiées l'amyloïdose, une accumulation de protéines dans certains organes vitaux (foie, rein et rate) et conduire à de graves insuffisances rénales et hépatiques. C'est ce qui ressort d'une étude menée par des chercheurs de la Faculté de médecine de l'Université du Tennessee (1). "Manger du foie gras ne devrait probablement pas déclencher de maladie chez quelqu'un qui n'y est pas génétiquement prédisposé", a indiqué Alan Solomon, principal auteur de cette étude. Mais, selon lui, "les gens qui ont des antécédents familiaux avec la maladie d'Alzheimer, le diabète, la polyarthrite rhumatoïde ou d'autres maladies à amyloïde devraient éviter de manger du foie gras et d'autres aliments contaminés".
Foie gras : ils disent "non" au gavage
44 % des Français sont favorables à l'interdiction du gavage des oies et des canards dans la production de foie gras, selon un sondage.
Publié le 27/11/2009
Contactée par LCI.fr, Muriel Eliaszewicz, responsable de la direction de l'Evaluation des risques nutritionnels et sanitaires à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), tient à "pondérer" ces conclusions.
Cette étude américaine apporte-t-elle un éclairage nouveau sur l'apparition de l'amylose ?
Muriel Eliaszewicz : Non, il ne s'agit pas d'un scoop scientifique. On sait que ces lignées de souris transgéniques peuvent développer spontanément une amylose en cinq mois et en décéder en huit-neuf mois. L'étude montre que lorsqu'on administre par voie orale ou injectable aux souris des produits contenants des dépôts amyloïdes, on peut voir apparaître une amylose en deux mois seulement. La nouveauté, cette fois-ci, c'est que le matériel administré aux souris ne provient pas de tissus animaux contenant des dépôts amyloîdes mais d'unextrait de denrée alimentaire traité, en l'occurrence d'extraits de foie gras.
Quel jugement l'Afssa porte-t-elle sur ces travaux ?
M. E. : Nous avons identifié quatre points qui doivent conduire à pondérer les conclusions des chercheurs. Premièrement, les souris utilisées sont "prédestinées" génétiquement à développer spontanément une amylose. Spontanément, c'est-à-dire sans apport extérieur. Deuxième point : les chercheurs ont utilisé des extraits de foie gras ayant subi des traitements drastiques, à base d'acétone ou de guanidine notamment. Ce sont des traitements utilisés classiquement en laboratoiremais qui peuvent modifier en eux-même la structure des protéines dans le foie gras
Par ailleurs, pour identifier les plaques d'amylose, ils ont utilisé une coloration dite "rouge-congo", comme il est d'usage. Or, depuis deux ans, cette coloration n'est plus considérée par certains laboratoires comme spécifique des amyloses.. Enfin, à ce jour, il n'existe, aucune étude épidémiologique qui fasse le lien entre la consommation de foie gras et l'apparition d'amylose humaine.
Pour toutes ces raisons, l'Afssa est assez réservée sur les conclusions et les recommandations de cette étude.
(1) Etude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
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Foie gras : ils disent "non" au gavage
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