© sxc.huLes imprimantes à jet d'encre pourraient constituer un jour une solution inattendue au problème du manque de dons d'organes. Des chercheurs américains tentent en effet de créer grâce à cet outil des structures cellulaires en trois dimensions, affirme le magazine Science. "Nous avons franchi une étape", souligne Paul Calvert, spécialiste des matériaux à l'université de Dartmouth, dans le Massachusetts, qui a déjà imprimé des cellules souches. "Nous avons montré que nous pouvons imprimer des cellules et qu'elles survivent au processus", explique-t-il dans cet article qui fait le point sur l'avancement des travaux de son équipe. "Si nous parvenons à trouver le moyen de construire plusieurs couches de cellules, alors nous nous rapprocherons de la création d'un organe, et la possibilité de produire des tissus qui fonctionnent serait utile, même sous la forme de petits amas inélégants".
Cette solution est moins tirée par les cheveux qu'il n'y paraît, relève la revue scientifique américaine dans son édition de vendredi, rappelant que des scientifiques se sont déjà servi d'imprimantes à jet d'encre pour "imprimer" des bactéries, de la levure et même des cellules souches humaines sur une matrice physiologique. S'ils trouvent le moyen de créer des tissus plus complexes, ils pourront alors envisager de créer des organes susceptibles d'être transplantés.
Produire des organes dans les 30 ans
Plusieurs équipes scientifiques, tant en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis ou encore au Japon, utilisent déjà depuis plusieurs années des imprimantes à jet d'encre modifiées pour "imprimer" des cellules, allant d'organismes unicellulaires comme des levures, à des cellules ovariennes de hamsters. La technique consiste à remplir la cartouche, non pas avec de l'encre mais avec une solution contenant des cellules et à projeter cette "bio-encre" sur un support permettant la croissance des cellules plutôt que sur du papier.
Après avoir réussi à "imprimer" des cellules souches humaines, Paul Calvert et son équipe essaient maintenant de produire des structures simples comportant plusieurs couches, afin de déterminer les effets de la proximité de différents types de cellules sur le développement des tissus, en utilisant des gels ou des polymères en guise de séparateurs et de tuteurs pour les tissus nouvellement formés. "Si nous arrivons à mettre en culture deux types différents de cellules ensemble, nous pourrons voir comment elles communiquent", explique Paul Calvert, avant de passer à la phase suivante qui consisterait à "construire des tissus complexes tridimensionnels", dont des os, des ligaments, du cartilage ou de la cornée. Quant à produire des organes, "je serais surpris qu'on y arrive dans les dix ans, mais je serais déçu qu'on n'y arrive pas dans les 30 ans", pronostique-t-il.
D'après agence
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