Le Français Léopold Eyharts et l'Américain Stanley Love lors d'une simulation de décollage, lors de la préparation de leur séjour en orbite en décembre 2007. © NASA/Kim Shiflett Cela faisait plus de cinq ans qu'un Français n'avait pas fait le voyage en orbite : membre du corps des spationautes de l'Agence spatiale européenne (Esa), Léopold Eyharts fait partie de l'équipage de la navette Atlantis qui devait décoller jeudi soir du Centre Spatial Kennedy, près de Cap Canaveral, en Floride.
Devait car la Nasa a reporté le tir d'au moins 24 heures en raison d'une anomalie technique : deux des quatre jauges indiquent que le réservoir de la navette est vide alors qu'il est plein. Un lancement ne peut avoir lieu que si au moins trois de ces quatre jauges fonctionnent normalement. Une anomalie similaire avec ces jauges s'était produite pour le lancement de la navette Discovery en juillet 2005 et avait entraîné un retard du lancement de plus d'une semaine.
Etape clé
Après Philippe Perrin en juin 2002, Léopold Eyharts, âgé de 50 ans, est le sixième astronaute français à voler à bord d'une navette spatiale américaine. Cet ingénieur de formation et ancien pilote d'essai avait déjà effectué un séjour de 19 jours en orbite en 1998 à bord de la station spatiale russe Mir. Pour son retour en orbite, le Français remplacera comme ingénieur de vol l'Américain Daniel Tani, actuellement à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
Pendant deux mois et demi, il participera à l'installation et à la mise en route du laboratoire européen Columbus, amené par Atlantis. Dans ce module, seront menées des expérimentations en microgravité, essentielles pour préparer l'exploration habitée vers Mars et au-delà. L'activation de Columbus est considérée comme une étape clé pour l'Europe de l'espace, qui devient ainsi copropriétaire à part entière de l'ISS avec les Etats-Unis et la Russie. Le laboratoire japonais Kibo, dernier des quatre prévus dans la structure de la station, sera quant à lui acheminé et installé en 2008.
Dix armoires d'expérimentation
Columbus a la forme d'un module cylindrique de sept mètres de long sur 4,5 de diamètre. Sa masse à vide est de 10,3 tonnes et de 19,3 tonnes plein. Il peut héberger jusqu'à trois personnes et peut intégrer jusqu'à dix armoires d'expérimentation. L'Allemagne a financé 41% du coût total (1,3 milliards d'euros), l'Italie 23% et la France 18%. La construction du laboratoire orbital a été lancée en 1992 après plusieurs années de retard. Columbus devait être acheminé à l'ISS fin 2004 mais l'accident de la navette Columbia en février 2003 avait retardé son lancement. Le module européen sera contrôlé du Centre allemand d'opérations spatiales à Oberpfaffenhofen, près de Munich.
Outre Léopold Eyharts, l'équipage d'Atlantis est composé de six membres, dont un autre Européen : l'Allemand Hans Schlegel. Ce sera d'ailleurs la première fois que le couple franco-allemand sera formé dans une mission de la navette spatiale. Il rejoindra les trois occupants actuels - deux Américains et un Russe - de l'ISS. Trois sorties spatiales sont prévues.
| Menu trois étoiles en orbite |
"Cailles farcies au Madiran" accompagnées de "céleri rave en délicate purée à la noix de muscade", cheesecake et fondant au chocolat régaleront les sept astronautes d'Atlantis. Ils pourront également déguster en entrée ou en plat de la caponata, une spécialité sicilienne à base de purée de tomates et de poivrons, et commencer leur journée avec une omelette aux tomates et aux fines herbes. Le groupe Alain Ducasse a élaboré ces plats gastronomiques, dans le cadre d'un partenariat avec les agences spatiales française (Cnes) et européenne (Esa) (lire notre article : "Recettes trois étoiles pour astronautes"). "Quarante boîtes représentant dix repas" individuels ont été envoyées aux Etats-Unis pour le vol d'Atlantis. Les plats sont les mêmes que ceux qui avaient été emportés en octobre 2006 par le vaisseau spatial russe Progress lancé par une fusée Soyouz depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan). |
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