L'angoisse des chercheurs français

le 04 mars 2008 à 09h43 , mis à jour le 04 mars 2008 à 11h32

Réunion aux allures d'AG ce mardi au Collège de France : les chercheurs redoutent une marginalisation des grands organismes comme le CNRS.

Chercheurs français manifestant contre le projet de réforme de la Recherche (4 mars 2008)Chercheurs français manifestant contre le projet de réforme de la Recherche (4 mars 2008) © TF1/LCI

La révolte gronde parmi les chercheurs français. Mardi matin, des centaines de directeurs d'unités de recherche et de responsables d'instances scientifiques se sont réunis au Collège de France pour exprimer entre autres leur inquiétude de voir le CNRS "perdre peu à peu toute capacité à conduire une véritable politique scientifique". Au même moment, les chercheurs devaient manifester devant le ministère de la Recherche à l'appel de leurs syndicats et de l'association Sauvons la Recherche.

Beaucoup craignent une perte d'autonomie de la recherche face à des choix qui leur apparaissent de plus en plus politiques et non plus scientifiques, et se plaignent de devoir consacrer de plus en plus de temps à chercher... des budgets, au lieu de se consacrer à la recherche proprement dite. Une angoisse devant les transformations de la recherche française qui s'exprime alors que la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, vient d'envoyer à la présidente du Centre national de la Recherche scientifique une "feuille de route" prévoyant des évolutions profondes. Or, de nombreuses critiques se font justement entendre sur le rôle futur du CNRS, appelé selon les détracteurs de la réforme de la Recherche à perdre une partie de ses prérogatives en faveur des universités, et risquant de devenir une simple agence de moyens.

Ce que prévoit la "feuille de route"

Dans cette lettre en date du 27 février, Valérie Pécresse note que l'ensemble des objectifs fixés dans la feuille de route "implique une évolution de l'organisation interne de l'organisme". Elle demande à la présidente du CNRS, Mme Bréchignac, de "réfléchir à l'opportunité de substituer aux départements scientifiques actuels une structuration en grands instituts nationaux de recherche (...) favorisant les coopérations entre les divers acteurs et constituant un ensemble réactif placé sous la responsabilité de la direction générale du CNRS". La présidente du CNRS devra dans un premier temps proposer "les modalités d'une modernisation du CNRS avec les universités, appelées (...) à devenir des acteurs moteurs de notre dispositif de recherche".

Ainsi, "le rôle du CNRS dans les orientations scientifiques et les modalités de financement récurrent et d'allocation d'autres ressources (équipements mi-lourds, personnels...) devront faire l'objet de discussions approfondies avec les universités", poursuit Valérie Pécresse dans sa lettre. "Dans le cadre de ce nouveau partenariat, ajoute-t-elle, le CNRS devra aussi concourir avec les universités à l'émergence de Pôles de Recherche et d'Enseignement Supérieur (PRES), visibles à l'échelle internationale".

D'après agence

le 04 mars 2008 à 09:43
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