
Candidats, découvrez les tuyaux
de_l'astronaute_Jean-François Clervoy
Vous êtes âgé(e) de 27 à 37 ans, vous avez "de solides compétences dans les disciplines scientifiques" et de grandes qualités "humaines", vous parlez couramment anglais et vous vous débrouillez en russe, surtout, vous avez le goût de l'aventure ? Devenez astronaute ! L'Agence spatiale européenne (Esa) a lancé vendredi à Paris une campagne de recrutement pour préparer la relève de son corps européen d'astronautes.
Du 19 mai au 15 juin, les personnes qui répondent aux critères évoqués plus haut (et dont le pays fait partie des 17 nations membres de l'agence) peuvent remplir un dossier de candidature sur le site internet de l'Esa. C'est d'ailleurs la première fois au monde qu'une agence spatiale passe par le web pour un tel recrutement.
Objectif Lune
Entre 20.000 et 50.000 candidatures sont attendues... pour 4 postes disponibles, auxquels s'ajoutent 4 postes de remplacement (back-up). La sélection s'effectuera en plusieurs étapes : certificat médical, tests psychologiques, examens médicaux et enfin, entretien professionnel. Les huit heureux élus seront embauchés au salaire de 4280 euros nets mensuels. Un entraînement de base débutera en 2009-2010. Il sera suivi d'un entraînement plus spécifique, lié à la mission à effectuer. Les vols dans l'espace interviendront en 2012-2013.
La jeune génération d'astronautes séjournera à bord de la Station spatiale internationale (ISS) "pour sûr" et se rendra "peut-être" sur la Lune, a précisé Jean-Jacques Favier, ex-astronaute et directeur de programme adjoint au Centre national d'études spatiales (Cnes).
Entre rêve et réalité
La campagne est ouverte à tous même si les profils qui ont le plus de chance d'être retenus sont des scientifiques, des pilotes, des ingénieurs et des médecins. "Les femmes sont bienvenues, mais bien peu se présentent", a noté Michel Tognini, chef du corps européen des astronautes, qui compte actuellement huit membres.
Plusieurs anciens astronautes français sont venus présenter ce métier pas comme les autres. "Astronaute, c'est une fenêtre entre le rêve et la réalité", a déclaré Jean-Pierre Haigneré. "Il faut avoir le goût de l'aventure et de l'exploration", a ajouté Jean-François Clervoy. Tous deux ont mis en avant le travail effectué au sein d'équipes internationales ainsi que le partage d'expériences. "On apprend le métier de l'autre", a résumé Jean-Pierre Haigneré.
Les missions en orbite représentent une part réduite de l'activité, a pointé Jean-François Clervoy qui a vécu "un mois dans l'espace seulement" au cours de trois missions courtes. Après ces carrières, les astronautes deviennent en général experts ou conseillers techniques. Certains deviennent pilotes d'essai ; d'autres restent au sein des agences spatiales pour participer à la conception d'engins. Mais, comme LCI.fr a pu le constater, chacun d'entre eux reste habité à jamais par une expérience unique. Alors, des volontaires ?
"Une vision européenne unique" |
"La France a acquis une certaine expérience des vols habités qu'elle ne souhaite pas perdre", a affirmé Jean-Jacques Favier. Depuis 1982, 9 Français sont allés dans l'espace, le rôle du pionnier revenant à Jean-Louis Chrétien. Le Cnes, l'agence spatiale française, veut "utiliser au mieux l'ISS", notamment en lançant des expériences scientifiques dans le laboratoire européen Columbus récemment installé. Il faut par ailleurs "dégager une vision européenne" unique de l'exploration du système solaire, a assuré le responsable du Cnes. Et cette "vision européenne doit s'intégrer dans une vision unique mondiale". La Lune ou Mars, les vols habités ou les vols robotiques, "il est un peu prématuré de prendre un engagement sur ces options, a souligné Jean-Jacques Favier, mais il est nécessaire de faire apparaître l'exploration comme une dimension-clé". |




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