Les scientifiques protestent contre la réforme du CNRS © TF1/LCIMobilisation chez les blouses blanches. Ce jeudi, un millier de chercheurs ont manifesté devant le siège du CNRS à Paris. Parmi eux, une trentaine de manifestants a occupé la salle du conseil d'administration (CA) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris. Objectif : empêcher un CA extraordinaire qui devait approuver "un point étape" de la réforme de l'organisme. C'est la deuxième fois de son histoire que le CNRS est contraint de reporter son Conseil d'administration. La précédente annulation remontait à 1940 et était liée à l'occupation allemande. "C'est une grande victoire, avec le refus du démantèlement, on peut faire reculer le gouvernement", a déclaré un syndicaliste devant les manifestants rassemblés dans une cour du siège du CNRS.
D'autres manifestations ont eut lieu dans quelques délégations régionales du CNRS, notamment Nantes, Montpellier et Bordeaux où les manifestants se sont allongés devant le parvis de la délégation régionale pour symboliser "la mort du CNRS".
"Tout le monde y est opposé"
Le projet lancé par le ministère de la Recherche, baptisé Horizon 2000, vise à créer six instituts : mathématiques, physique, chimie, sciences de l'ingénieur, sciences humaines et sociales, écologie et biodiversité. Ce plan institue également une perte de compétences du CNRS au profit de l'Inserm et l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique).
Les syndicats de chercheurs protestent contre un cloisonnement des thématiques de recherche, un affaiblissement de la recherche fondamentale et un pilotage plus étroit par les pouvoirs publics."Un processus de démantèlement" pour Alain Trautmann, fondateur de SLR. "Cette réforme met en danger le CNRS notamment car elle va entraîner la disparition de certains laboratoires et générer plus de compétitivité entre chacun", a expliqué Christine Chivallon, directrice de recherche CNRS. "Tout le monde y est opposé y compris le Conseil scientifique du CNRS et plus de 200 médaillés du CNRS ", a assuré Philippe Blache, directeur de laboratoire.
La gauche soutient cette mobilisation :" Les chercheurs n'ont pas besoin d'être caporalisés pour trouver plus la recherche n'est pas plus efficace quand elle est segmentée par disciplines, et soumise par le pouvoir politique à des impératifs de court terme et pratiques", a déclaré Julien Dray, porte parole du Parti Socialiste.
"Plus jamais ce Plan"
Une délégation des syndicats et de SLR a été reçue, en présence de membres du CA, par la présidente du CNRS, Catherine Bréchignac. "Avant tout nouveau CA, il faudra une nouvelle négociation au niveau du ministère"; a déclaré à sa sortie Alain Trautmann. De son côté, Mme Bréchignac a assuré qu'un texte sera adopté dans les semaines à venir en concertation avec les organisations de scientifiques car pour elle "le CNRS est un et indivisible". Elle a également réaffirmé son objectif :" il faut que le CNRS soit plus adapté à une recherche moderne, plus en adéquation avec la recherche au niveau international".
Les représentants syndicaux avertissent :"Si le démantèlement reste à l'ordre du jour du prochain CA, nous nous y opposerions à nouveau". Le mouvement SLR fait quant à lui planer la menace d'"une grève administrative" si la restructuration devait être engagée.
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