Image d'archives © TF1Les femmes enceintes soumises à un stress traumatisant auraient plus de risques de donner naissance à des enfants qui développeront plus tard une schizophrénie. "Le type de stress en question est du genre de ceux que l'on subit lors d'un désastre naturel comme un tremblement de terre, une attaque terroriste, un ouragan ou encore un deuil soudain", explique Dolores Malaspina, l'auteur principal de l'étude publiée jeudi dans le journal spécialisé BioMed Central Psychiatry.
Malaspina et ses collègues ont examiné les données concernant 88.829 personnes nées à Jérusalem entre 1964 et 1976 et les ont croisées avec le registre national de psychiatrie d'Israël. 637 cas de schizophrénie ont ainsi été recensés. Selon l'étude, les enfants des femmes qui étaient au deuxième mois de grossesse au plus fort de la guerre israélo-arabe en juin 1967 -la "Guerre des six jours"- avaient un taux significativement plus élevé de schizophrénie à leur entrée à l'âge adulte.
L'impact maximum se trouve en début de gestation, avec "une fenêtre relativement étroite de vulnérabilité (à la schizophrénie), au deuxième mois de grossesse", soulignent les auteurs. L'étude montre aussi une nette différence d'impact entre hommes et femmes. Les femmes dans le deuxième mois de leur vie fœtale durant le conflit ont 4,3 fois plus de risque de souffrir de schizophrénie, alors que pour les hommes, ce risque est bien moindre (1,2). D'autres influences potentielles -saisons, faible poids de naissance, apport en calories- ont été écartées. "C'est une saisissante confirmation de ce que l'on suspectait depuis longtemps," commente Malaspina.
Hallucinations
Ces résultats confirment ceux de précédentes études finlandaises et danoises relevant un excès de schizophrénie chez des enfants dont la mère a subi un fort stress en début de grossesse, telle la perte du mari ou d'un proche du 1er degré. Ces travaux montrent en effet un excès de cas de schizophrénie en particulier, lorsque le deuil est survenu pendant le 1er trimestre de grossesse.
Cette psychose touche environ une personne sur 200, généralement en fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elle est notamment marquée par des hallucinations, des altérations de la perception de la réalité et de la relation à autrui et peut comporter un délire de persécution.
D'après agence
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