• A-
  • A
  • A+
  • Version imprimable

Partager sur :

Envoyer cette page à un ami

Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.

Archéologie - L'Inrap ne veut pas faire son trou à Metz

Par Matthieu DURAND, le 25 septembre 2008 à 11h46, mis à jour le le 25 septembre 2008 à 12:12

Le projet de délocaliser l'Institut national de recherches archéologiques préventives à Metz suscite la colère du personnel. La survie de l'établissement est en danger, affirment les archéologues.

Mésolithique fouilles ParisUn campement de chasseurs-cueilleurs du Mésolithique (de 9000 à 5000 ans avant J-C) a été découvert en juin 2008 par l'Inrap à Paris.

La terre ne va pas livrer ses secrets ce jeudi. L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) est en grève. Les agents du siège, situés à Paris, dénoncent leur probable déménagement prochain à Metz. Une conséquence de la refonte de la carte militaire : pour combler le "vide" laissé par le départ de régiments dans plusieurs villes de province, le gouvernement a décidé de délocaliser certains sièges d'organismes publics en régions.

Une pétition, signée par 124 des 130 agents du siège, devait être remise jeudi matin aux ministres de la Culture et de la Recherche, dont dépend l'organisme. Contacté en milieu de matinée, le ministère de la Culture n'avait pas répondu à nos questions à la mi-journée. "Nous déplorons de ne pas avoir été consultés, explique à LCI.fr Anne Augereau, directrice scientifique et technique adjointe de l'Institut. Ce déménagement, prévu d'ici deux à trois ans, pose des problèmes sociaux : 90% des agents ont décidé de ne pas aller en Lorraine pour des raisons personnelles ou familiales".

Projet "dangeureux"

Ce n'est pas tant la ville de Metz qui rebute le personnel. Les agents réunis dans le collectif Sauvons l'Inrap ! estiment le projet de délocalisation "dangereux pour la survie de l'établissement". "L'Institut est très jeune - six ans d'existence ; il est encore en construction", pointe Anne Augereau, spécialiste du Néolithique. Le rôle du siège est central dans l'organisation des chantiers de fouilles sur l'ensemble du territoire, souligne-t-elle.

En délocalisant 130 personnes et en bouleversant l'organisation des services (certains agents refusant de partir, il faudra les remplacer), c'est le travail de 2.000 archéologues en régions qui en pâtira, assure la directrice adjointe. L'impact sera scientifique mais aussi économique puisque seront affectés de nombreux chantiers de construction, sur lesquels interviennent les équipes d'archéologie préventive.

Mise au pas ?

Les relations entre les archéologues, les pouvoirs publics et les aménageurs n'ont jamais été simples, les premiers étant parfois associés à des "empêcheurs de construire en rond. De là à penser que cette délocalisation est également l'occasion de mettre au pas l'organisme, il n'y a qu'un pas que seraient prêts à franchir les membres de Sauvons l'Inrap ! "On se pose la question", admet Anne Augereau. "Le choc est d'autant plus rude que notre cause semblait entendue, ajoute un membre du collectif. Les aménageurs commençaient à intégrer le risque archéologique dans leur plan de financement."

Dans l'attente d'éclaircissement des ministres de tutelle, les agents de l'Inrap, au siège comme en région, se mobilisent. Une pétition a été mise en ligne. Le colloque international organisé par l'Inrap à la Cité des sciences, sur le thème de "la révolution néolithique dans le monde" (2-4 octobre), pourrait aussi servir de caisse de résonnance à la colère des archéologues.

le 25 septembre 2008 à 11:46
J'aime0 personne(s) ont aimé cet article
Partager sur :
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

    Lire tous les commentaires

         Chargement en cours...

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        La rédaction vous recommande

        Le meilleur des émissions info de TF1 et LCI

        À ne pas manquer

        • Quel Grand Paris dans vingt ans?

          Le comédien Lorant Deutsch, passionné par l'histoire de Paris et l'architecte Christian de Portzamparc sont les invités de "Demain à la une " du 20 novembre 2009 sur le projet du Grand Paris.

        • Ici, voici Henry en volleyeuse de plage, affublé d'un maillot affriolant...
          La main d'Henry, déjà culte sur le web

          Thierry Henry reconverti en volleyeur ou en basketteur, orné de gants à la Mickey ou gêné devant une demande en mariage de Domenech : le web se déchaîne. Un fan-club est créé sur Facebook.

        • Une semaine pour l'emploi avec Claire Chazal

          Du 23 au 29 novembre, TF1, LCI, TF1 News et LCI radio se mobilisent pour l'emploi. Déposez vos annonces dès maintenant.

        Les podcasts des émissions

        Les blogs de la rédaction

        TF1 News est sur Twitter

        logAudience