© AFP/Stéphane de SakutinS'il faut en croire Le Monde, trois chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris sont accusés d'être intervenus pour publier dans une prestigieuse revue des articles de scientifiques issus de leur institut. Il s'agit de l'actuel directeur de l'IPGP, Vincent Courtillot, de Paul Tapponnier et de Claude Jaupart, qui ont chacun siégé au comité éditorial de Earth and Planetary Science Letters (EPSL), respectivement de 2003 à 2005, de 1992 à 1996 et de 2006 à 2008. Plusieurs dizaines de fois, ces chercheurs se seraient emparés d'articles soumis à EPSL par des membres de l'IPGP, au mépris des lignes de conduite éthiques que doivent respecter les membres du comité éditorial de cette publication du groupe de presse néerlandais Elsevier.
Suite à une étude bibliométrique, Friso Veenstra, responsable de la publication de Earth and Planetary Science Letters, alerté l'été dernier sur cette affaire, a jugé que certains des articles incriminés "n'auraient pas dû être publiés", car ils n'ont pas été suffisamment cités par d'autres auteurs. En revanche, a-t-il souligné, "nous n'avons identifié aucun autre cas de grand nombre d'articles provenant d'une institution et traités par un membre de la même institution". En conséquence, l'Institut de physique du globe a été exclu du comité éditorial d'EPSL.
Des accusations anciennes remontent à la surface
Selon les chercheurs mis en cause, il ne peut y avoir de stricte séparation entre auteurs et relecteurs dans leur petite communauté de spécialistes. "Lorsque j'étais éditeur à EPSL, c'est à moi qu'étaient soumis les papiers de paléomagnétisme en provenance du monde entier", se défend Vincent Courtillot dans Le Monde. Il y un an, ce chercheur avait déjà été accusé de manque d'intégrité par d'autres scientifiques pour avoir publié, également dans EPSL, des données tronquées dans le but d'accréditer sa thèse d'une corrélation entre les variations du champ magnétique terrestre, du rayonnement solaire et des températures à la surface du globe.
L'affaire éclate au moment où le nom de l'ancien ministre socialiste Claude Allègre, lui-même ancien patron de l'IPGP et auteur de plusieurs articles publiés par EPSL et relus par ses ex-collègues, est à nouveau cité pour un poste ministériel. Claude Allègre, qui considère que la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique n'est pas établie, s'est fait des ennemis chez les climatologues, dont il nie la légitimité. Mais aussi auprès des défenseurs de l'environnement en général, après avoir par exemple nié durant des années, et contre l'évidence, les dangers de l'amiante (il qualifiait en 2005 encore de "psychose" provoquée par des "gauchistes irresponsables" ce qui est aujourd'hui l'un des pires scandales sanitaires dans notre pays), ou après avoir proposé de se débarrasser des déchets radioactifs... en les coulant en pleine mer.
D'après agence
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