L'exposition "A corps ouvert" © TF1/LCI 
Notre JT OFF sur l'exposition contestée
L'exposition "Our body, à corps ouvert", qui met en scène à Paris des corps entiers ou disséqués d'êtres humains, doit-elle fermer ses portes ? Les associations "Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Solidarité Chine" le souhaitent. Elles ont assigné en référé l'organisateur de la manifestation. Leur demande sera étudiée en audience ce mercredi.
"Je trouve étonnant que l'on puisse aujourd'hui exposer en plein Paris des corps humains qui ont été dépecés, découpés et éviscérés dont on ignore l'origine et qu'on en fasse une source de profit", a expliqué Me Richard Sedillot, avocat représentant les associations. A titre subsidiaire, les associations demandent à la justice d'ordonner à l'organisateur de produire "des pièces justifiant l'origine des corps et le consentement donné du vivant des personnes concernées à leur exposition".
Dans leur demande, les requérants s'interrogent pour savoir si les corps exposés n'ont pas fait l'objet d'un trafic et s'ils ne sont pas ceux d'anciens prisonniers ou de condamnés à mort chinois. "Il faut se demander si les corps présentés à Paris, qui appartiennent à des hommes dans la force de l'âge, ne proviennent pas d'un trafic lié à la police chinoise", explique Marie Holzman, sinologue et présidente de l'association Solidarité Chine. "La Chine exécute en effet au moins 6.000 Chinois par an. Dans de nombreux cas, les parents des suppliciés se plaignent de n'avoir pas pu voir recueillir la dépouille de leur proche", ajoute-t-elle.
Corps légués à la science
Interrogé lors de la présentation de l'exposition à Marseille, l'organisateur de l'exposition et directeur de la société Encore Production, Pascal Bernardin, avait expliqué que les corps avaient été fournis par la fondation Anatomical Sciences and Technologie de Hong Kong. Celle-ci, avait-il dit, lui avait assuré que toutes les personnes concernées avaient donné de leur plein gré leur corps à la science y compris pour des expositions anatomiques post mortem.
"Our body, à corps ouvert" montre sur 1200 m2 une quinzaine de corps d'hommes et de femmes, entiers ou disséqués, préservés avec des matières plastiques selon un procédé d'imprégnation polymérique. Après à Marseille et Lyon, l'exposition est aujourd'hui présentée à Paris à l'espace Madeleine jusqu'au 10 mai avant d'être montrée au Parc Floral jusqu'au 23 août. La cité des Sciences et de la Villette et le Musée de l'Homme avaient refusé de l'accueillir à la suite d'un avis négatif du Comité national d'éthique.
D'après agence
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