Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, dans l'ISS (10 octobre 2009) © TF1/LCILe clown de l'espace milliardaire Guy Laliberté a lancé vendredi soir depuis la Station spatiale internationale un message poétique sur les enjeux de l'eau, relayé par un "spectacle planétaire" simultané dans quatorze villes dans le monde et diffusé sur internet. Le fondateur du Cirque du Soleil a rempli ainsi sa "mission sociale et poétique" annoncée, construite autour d'un conte écrit spécialement pour l'occasion par l'écrivain québécois anglophone Yann Martel. La fable raconte une conversation entre le Soleil, la Lune et une goutte d'eau - allusion au nom de la fondation du milliardaire canadien, OneDrop.
S'il peut se prévaloir d'avoir réussi une première historique avec son spectacle spatial, Guy Laliberté n'a pas échappé à des critiques au Canada, où certains commentateurs ont calculé combien de puits d'eau potable on aurait pu construire en Afrique avec le budget de son opération spectaculaire. D'autres ont estimé, au contraire, que les 35 millions de dollars de son billet pour l'espace étaient un prix modique à payer pour une campagne planétaire sur un enjeu sérieux.
"L'eau pour tous, tous pour l'eau"
En ouverture du show transmis sur internet, l'ancien vice-président américain Al Gore a présenté dans une séquence vidéo, photos et dessins à l'appui, les dangers menaçant l'eau et les écosystèmes de la Terre, en raison du réchauffement planétaire et de ses retombées catastrophiques, inondations, sécheresses, fonte de glaciers... Le spectacle s'est ensuite déplacé à Montréal, où l'astronaute Julie Payette et Yann Martel ont lu le début du conte en français et en anglais. Et les acrobates du Cirque du Soleil ont présenté des numéros inspirés de traditions amérindiennes, avec la chanteuse inuit Elisapie Isaac.
Treize autres étapes ont suivi pendant cent minutes, de Johannesburg à Rio, de Paris à Mexico, de New-York à Moscou, en passant par Sydney, Londres, Marrakech, Mumbai, Osaka et Las Vegas, avec un défilé de vedettes bénévoles comprenant Salma Hayek, Gilberto Gil, Shakira, Garou, avec en prime la soprano australienne Tiffany Speight et la star des ballets du Bolchoï Nikolaï Tsiskaridzé. Puis l'auteur du show, faisant flotter dans l'apesanteur son nez rouge de clown et une grosse goutte d'eau qu'il a tenté d'avaler, a dialogué en direct avec Bono pour dire au chanteur de U2 que, depuis l'espace, "la planète Terre paraît magnifique et en même temps si fragile" et ressemble à "un cerf-volant solitaire dans l'espace". Un appel, évoquant de loin la devise des mousquetaires : "l'eau pour tous, tous pour l'eau", lancé par Laliberté, a clos ce happening sans précédent.
D'après agence
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