Chantier d'un réacteur nucléaire © TF1/LCICoup de tonnerre dans le monde de l'énergie nucléaire ! Les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise ont émis lundi des réserves sur les systèmes de sûreté des réacteurs nucléaires EPR, demandant aux exploitants et fabricant "d'améliorer la conception initiale de l'EPR", selon une déclaration commune.
L'EPR de Flamanville en reprend pour deux ans et voit sa facture alourdie
EDF a officiellement annoncé vendredi un report en 2014 pour le démarrage de son réacteur de Flamanville. Et le coût du chantier va aussi fortement augmenter.
Publié le 30/07/2010
Le niveau de sûreté des systèmes de contrôle commande, le cerveau de l'EPR, réacteur de troisième génération en cours de construction en France et en Finlande, avait déjà été mis en cause en avril par l'Inspection britannique des installations nucléaires (NII). La critique porte sur la trop grande interconnexion entre deux systèmes de contrôle, supposés être indépendants, l'un faisant fonctionner le réacteur et l'autre assurant sa sécurité. "L'indépendance de ces systèmes est importante. En effet, si un système de sûreté est appelé à servir en cas de perte d'un système de contrôle, alors ces deux systèmes ne doivent pas faillir simultanément", soulignent les autorités de sûreté du nucléaire française (ASN), britannique (HSE/ND) et finlandaise (STUK). En conséquence, les exploitants se voient demander "d'améliorer la conception initiale de l'EPR". "Il incombe aux exploitants et au fabricant Areva de répondre aux questions techniques soulevées par leurs Autorités de sûreté", des solutions différentes pouvant être proposées par chaque exploitant "pour pallier la perte de systèmes de sûrete", selon la déclaration commune.
"Annulation générale"
Pour le groupe Areva, "la sûreté du réacteur n'est pas mise en cause". Areva "soutient la démarche commune des autorités de sûreté nucléaire qui vont dans le sens d'une standardisation du contrôle-commande", a déclaré une porte-parole du constructeur. Du côté des opposants au nucléaire, évidemment, le ton est différent. La "renaissance du nucléaire est décapitée", s'est réjoui le mouvement "Sortir du nucléaire", qui demande "l'annulation générale du programme EPR", et en particulier du chantier en cours à Flamanville (Manche) et du réacteur prévu à Penly (Seine-Maritime).
De fait, la construction du réacteur d'Olkiluoto en Finlande, destiné à devenir le premier réacteur EPR de troisième génération au monde, rencontre des difficultés. Prévu initialement pour l'été 2009, il accumule les retards et les dépassements de coûts. Son entrée en service pourrait être de nouveau retardée au-delà de juin 2012.
(D'après agence)
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