Plan de coupe du site de l'accélérateur de particules LHC © CERN/Philippe Mouche Le 30 mars, le Centre européen de recherche nucléaire (Cern) va tenter de produire des collisions de particules à très haute énergie. L'objectif majeur du LHC est de trouver le boson de Higgs, cette particule supposée expliquer l'origine de la masse de toutes les particules de l'Univers, y compris elle-même. Mais jusqu'à ce jour, cela n'a jamais été observé de manière indiscutable. Les scientifiques estiment qu'il faut énormément d'énergie pour le mettre en évidence. Ainsi, en novembre 2009, le LHC avait atteint une puissance de collision de 2,36 TEV et mardi, les équipes du Cern vont passer à 7 TEV. Daniel Fournier, chercheur CNRS à Orsay, responsable Atlas à l'IN2P3 nous en dit plus.
Expérience au Cern : déjà un demi milion d'événements !
<b>Exclusif TF1 News - </b>Dix-huit mois après les premières expériences sur l'accélérateur de particules, les scientifiques du Cern ont franchi une nouvelle étape mardi. Suivez l'expérience en direct sur TF1 News.
Publié le 29/03/2010
Le Big Bang, c'est pour mardi ?
Le Centre européen de recherche nucléaire va tenter de recréer un micro Big Bang à l'origine de l'univers dans son accélérateur de particules LHC mardi 30 mars. Une expérience à suivre toute la journée sur TF1 News.
Publié le 25/03/2010
Univers, instant zéro : l'après Big Bang recréé en laboratoire
La température record de 4000 milliards de degrés, correspondant à celle qui devait exister juste après la naissance de l'univers, a pu être obtenue par des physiciens américains.
Publié le 17/02/2010
L'accélérateur de particules à l'arrêt pour deux mois
Dix jours seulement après son lancement, le Grand collisionneur de hadrons est victime d'une importante fuite d'helium survenue dans le tunnel vendredi.
Publié le 20/09/2008
Accélérateur : pourquoi la Terre n'a pas explosé
La mise en service du LHC, mercredi, n'a pas confirmé les scénarios catastrophes annoncés ici et là. Explications rassurantes de deux physiciens du CNRS.
Publié le 11/09/2008
Accélérateur : révolutions de particules réussies
Le plus grand accélérateur de particules au monde fonctionne ! Retour sur une matinée chargée en émotions, avec quelques moments forts présentés en vidéo.
Publié le 10/09/2008
Plongée exceptionnelle dans l'accélérateur de particules
<b>Reportage -</b> Découvrez en vidéo l'un des impressionnants détecteurs du LHC, l'accélérateur de particules dernier cri, avec la physicienne Gaëlle Boudoul. Le démarrage du LHC est diffusé en direct sur LCI.fr mercredi dès 9h.
Publié le 09/09/2008
Cern : journée historique pour la compréhension de l'Univers
C'est sans doute l'expérience la plus palpitante depuis la conquête de la Lune : recréer le big bang. L'aventure a commencé mardi matin dans une machine unique au monde située sous terre, à la frontière franco-suisse. Explications.
Publié le 30/03/2010
Expériences du Cern, l'explosion de joie des scientifiques
En début d'après-midi, alors que les premières collisions de particules à une energie de 7 TEV commencent, c'est l'explosion de joie chez toutes les équipes de physiciens présents sur le site du LHC.
Publié le 30/03/2010
Accélérateur de particule : pourra-t-on percer le secret de la matière ?
L'astrophysicien Jean Audouze explique comment les chercheurs du Cern ont recréé les conditions du Big Bang
Publié le 30/03/2010
| En direct |
A suivre en direct sur TF1 News, LHC l'accélérateur de particules passe à la puissance supérieure. |
| Mardi 30 mars 2010 - 8h30 à 18h |
TF1 News : Vous parlez d'une puissance de 7 TEV pour les collisions. A quoi peut-on comparer cette puissance ? A un tremblement de terre, une bombe atomique ?
D.F. : Il n'y a pas de comparaison possible. Puisque la quantité de matière qu'on projette l'une contre l'autre est toute petite, l'énergie qui circule a moins d'énergie qu'une mouche qui se balade dans la pièce. Pour schématiser, la mouche est un gros objet qui va à petite vitesse alors que le proton est un petit objet qui va à très grande vitesse, et qui a une grande énergie.
TF1 News : L'accélérateur de particules avait déjà effectué un record de puissance en novembre 2009 avec une accélération d'une puissance 2,36 TEV. Vous annoncez une puissance de 7 TEV pour mardi, et vous comptez pousser la machine à son niveau de puissance maximale de 14 TEV d'ici deux ans. Qu'est ce que cela va permettre de découvrir de plus ?
D.F. : A chaque étape de l'expérimentation, nous doublons la puissance des collisions pour produire des énergies qui n'ont jamais été produites, en tout cas de façon observable, depuis le Big Bang. Nous tentons de produire des micros micros micros Big Bang pour tenter d'expliquer ce phénomène. Et pour mettre en évidence le boson de Higgs, nous avons besoin de produire une très forte énergie.
TF1 News : Comment sont observées et recueillies les données, et qui va interpréter les résultats ?
D.F. : Il y a en fait quatre expériences principales. Deux sont très importantes et deux autres plus petites. Les deux premières, appelées Atlas et CMS, poursuivent les mêmes buts de physique, c'est-à-dire la découverte du boson de Higgs et la recherche de nouvelles particules dites « super symétriques ». Elles ont exactement le même nombre de chercheurs, les mêmes coûts, les mêmes innovations technologiques. Si ces deux expériences sont indépendantes c'est pour pouvoir se vérifier. Et puis il faut un peu de compétition entre les deux, c'est toujours bon pour faire avancer la recherche. Les deux autres expériences, Alice et LHCb, sont des expériences plus spécialisées. Alice s'intéresse aux collisions d'ions lourds, des noyaux de plombs. Et LHCb s'intéresse à l'antimatière. Son objectif est de mieux comprendre pourquoi l'Univers est constitué de matière plutôt que d'antimatière.
TF1 News : Le programme se passe dans un tunnel de 27 kilomètres de diamètre à 100 mètres de profondeur sous la frontière franco-suisse. Que peut-on voir dans ce tunnel ? Les collisions sont-elle visibles à l'œil nu ?
D.F. : Dans ce tunnel haut de trois mètres pour cinq mètres de large, il y a des aimants qui se suivent et de la cryogénie (la production de très basse température) pour les faire fonctionner. Il y a aussi des équipements de contrôle et des capteurs. Mais à part cela, on ne voit rien. C'est un silence complet. Il est bien entendu interdit d'accéder au tunnel quand il y a du courant qui circule dans les aimants. L'énergie stockée dans les aimants est tellement grande que la destruction de l'enveloppe de ces aimants est possible, ce qui frigorifierait plusieurs centaines de mètres de tunnel et serait mortel.
TF1 News : Les résultats auront-ils des applications dans notre quotidien ?
D.F. : Notre seul et unique but est d'avancer dans la recherche et de comprendre les phénomènes à grande énergie. Donc comprendre ce qui s'est passé à l'origine de l'univers. Nos collègues astrophysiciens observent des phénomènes mystérieux comme la matière noire. De quoi est composée cette matière qui n'émet pas de lumière ? On ne sait pas mais l'une des possibilités est qu'elle soit composée de particules dite "supersymétriques". Et peut-être que dans le LHC elles pourront se produire mardi et qu'on pourra les étudier. Ce serait une découverte encore plus formidable que le boson de Higgs. Parce que cela ferait le lien entre la physique de l'infiniment petit avec celle de l'infiniment grand. Si le LHC met en évidence la supersysmétrie, ce serait vraiment un triomphe extraordinaire.
TF1 News : Récemment, une Allemande, craignant la fin du monde, a tenté de paralyser les travaux du CERN. Mais elle a échoué en justice. La communauté scientifique avait souligné que ses travaux ne recelaient aucun danger potentiel. Comment pouvez-vous en être sûrs, sur quoi vous appuyez-vous ?
D.F. : Selon la théorie, on pourrait produire des micros trous noirs mais ils n'ont rien à voir avec ceux du cosmos. Ils se désintègrent et disparaissent au bout de quelques mètres de parcours. Il n'y a donc aucun danger. D'un point de vue pratique, il n'y a rien à craindre également. Dans l'univers il y a des rayons cosmiques. Quand ils arrivent sur Terre ils engendrent des collisions égales ou supérieur à l'énergie qui sera produire dans le LHC. Si cela produisaient des trous noirs capables de faire disparaître la Terre, cela se produirait tous les jours et ce depuis 14 milliards d'années que l'Univers existe. Rassurez-vous donc, il n'y a aucun risque.
Pour aller plus loin :
le site de l'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules
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