Christine Chapel a la Cité des étoiles à Moscou © TF1 News/Christine Chapel En passant la porte de la Cité des étoiles, je ne peux m'empêcher d'être émue. Ce lieu a été, il y a cinquante ans, l'un des endroits les plus secrets de la planète. C'est là que se sont écrites toutes les pages de l'histoire de la course à l'espace entre l'URSS et les Etats-Unis du temps de la Guerre froide. Tous les grands noms de l'odyssée de l'espace russe sont passés par ici : Sergueï Korolev, le créateur du programme spatial soviétique dont même le nom était classé "secret défense", Alexis Leonov, le premier piéton de l'espace, Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute, et bien sûr, le plus grand de tous, Youri Gagarine, le premier homme de l'espace ; son visage est sur toutes les statues, à l'entrée et à l'intérieur de la cité.
A la rencontre des cadets de l'espace
<b>Cité de étoiles - </b>TF1 News est parti à la rencontre des six nouvelles recrues de l'ESA, six jeunes astronautes européens à la tête bien pleine et bien équilibrée.
Publié le 22/11/2010
Cité des étoiles : voici la relève spatiale
Six jeunes astronautes européens ont reçu lundi leur diplôme d'astronaute. Parmi eux, un Français, Thomas Pessquet, qui a suvi un entraînement à la mythique cité des Etoiles à Moscou.
Publié le 22/11/2010
Voici la chambre à coucher de l'ISS !
<b> Cité des étoiles - </b> Visite à bord de la réplique de station spatiale internationale à Moscou avec Thomas Pesquet, astronaute français. Table à manger, chambre, toilettes, il nous fait découvrir les moindres recoins, et le confort relativement spartiate, de l'ISS.
Publié le 23/11/2010
Mars, il s'y prépare !
<b>Cité des étoiles - </b>A 33 ans, Thomas Pesquet fait partie des six astronautes sélectionnés par l'Agence spatiale européenne et formés à la cité des étoiles de Moscou pour les prochaines missions dans l'espace. Et même si un voyage sur mars n'est pas encore planifié, c'est une éventualité qui n'effraie pas, au contraire, le jeune Français.
Publié le 23/11/2010
Un Français à la conquête des étoiles
Série "Cité des étoiles"(1/8)- L'agence spatiale européenne a remis lundi matin leur diplôme à six nouveaux astronautes, parmi lesquels un Français, le normand Thomas Pesquet. Découvrez les coulisses de son entraînement à la cité de étoiles de Moscou.
Publié le 22/11/2010
Astronautes : découvrez la dernière promo européenne
<b>Cité des étoiles / n°5 </b>Thomas Pesquet et cinq de ses camarades de promotion, triés sur le volet, rejoignent lundi le club fermé des astronautes, après une longue période de formation.
Publié le 24/11/2010
Arrivée de nuit, j'ai beau écarquiller les yeux, je ne distingue rien au milieu de cette noirceur. On n'est pas dans une grande ville des pays capitalistes avec toutes ces lumières et ces rues magnifiquement éclairées. On est dans un lieu resté "classé secret défense" jusqu'à la chute du Mur de Berlin. Mon accompagnateur, Jean Coisne, le directeur de la communication de l'Agence spatiale européenne (ESA), me dit que je vais dormir dans un des nombreux appartements d'astronautes. Près de la porte, il y a une photographie de Jean-Loup Chrétien, le premier spationaute français du CNES. A-t-il habité ici ? Je m'endors avec des étoiles plein la tête.
| "Les Américains se sont fait construire plusieurs cottages à l'architecture bien yankee, avec piscine et court de tennis" |
Il y a tout de même quelques traces de modernité. Aujourd'hui, des astronautes du monde entier viennent s'entraîner ici et font des séjours de plusieurs mois. Les Américains se sont fait construire plusieurs cottages à l'architecture bien yankee, avec piscine et court de tennis. On a également construit une église orthodoxe, chose impensable à l'époque des Soviets.
Un garde lève une barrière de sécurité. Nous entrons dans la zone d'entraînement. Là les bâtiments deviennent plus monumentaux. D'immenses hangars qui abritent des reproductions grandeur nature des différents appareils de l'espace. La station Mir est là. Elle ne sert plus aujourd'hui que de musée car l'originale s'est consumée dans l'atmosphère terrestre au dessus de l'Océan pacifique le 23 mars 2001. Des élèves des écoles de l'Armée de l'air se font photographier devant, comme un pèlerinage. Et, ma foi, je fais comme eux ...
Allongée sur son siège du vaisseau, la combinaison de Youri Gagarine. Dimitri, notre accompagnateur russe, m'explique que, dans les années soixante, pour atténuer au maximum l'inconfort du cockpit exigu, on faisait des sièges moulés sur le dos des cosmonautes. Tous ces moulages de dos ont été gardés précieusement comme des reliques.
| "Le jour où la centrifugeuse fut mise en service pour la première fois, le toit du bâtiment s'est envolé sous la pression de l'air brassé" |
Nous retrouvons les apprentis astronautes dans une salle immense, haute comme un immeuble de cinq étages. Là, ce sont tous les modules de la station spatiale internationale. Tout fonctionne comme dans l'espace pour que les nouveaux cadets puissent s'entraîner. Je rentre dans le module russe de l'ISS. C'est incroyable ! J'ai vraiment l'impression d'être dans la station spatiale. C'est gris, étroit et mécanique, mais pour moi c'est magique ! C'est un long couloir cylindrique de la longueur d'un terrain de football, mais de l'étroitesse d'une grande cabine d'ascenseur ! Ici, pas de design, pas de décoration. C'est un univers métallique, fonctionnel, avec des cadrans partout. J'ai du mal à m'imaginer vivre six mois dans cet habitacle restreint. C'est ce que font les astronautes.
En sortant du hangar, Dimitri nous conduit vers deux vastes bâtiments octogonaux, hauts comme l'Arc de triomphe de la Place de l'Etoile. L'un des deux abrite la piscine où les astronautes s'entrainent aux sorties dans l'espace. L'autre contient la centrifugeuse. Ce gigantesque instrument de torture des années soixante a servi à tester l'endurance des hommes à la pression du décollage. Beaucoup de grands gaillards se sont évanouis à l'intérieur. Dimitri me raconte que le jour où elle fut mise en service pour la première fois, le toit du bâtiment s'est envolé sous la pression de l'air brassé. Aujourd'hui, elle ne sert plus beaucoup. Les vaisseaux ont changé, et on connait mieux les effets de l'accélération sur l'organisme.
En partant, je croise une nouvelle statue de Youri Gagarine. Dimitri me le désigne. "C'est le premier homme à être allé dans l'espace ! Et c'est un russe !". La guerre froide est terminée, mais l'orgueil national, lui, est toujours là.
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