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Autruches et talons hauts, le même combat pour la science


le 09 mai 2012 à 16h01 , mis à jour le 09 mai 2012 à 16h33.
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3min
Montage photo = une autruche et des talons aiguilles

Montage photo = une autruche et des talons aiguilles / Crédits : Altrendo images / Digital Vision

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TechniquesUne étude montre que reproduire la démarche des femmes en talons hauts et celle des autruches pourrait faciliter la mise au point de prothèses qui demain seront mieux adaptées à la marche.

Il y a belle lurette que les chercheurs du Royal Veterinary College étudient la mécanique de la marche chez les bipèdes. Leurs conclusions sont les suivantes : un pied humain nu chaussé de talons hauts ou une patte d'autruche exercent exactement la même force sur le sol alors qu'ils sont conçus et articulés très différemment. Car le saviez-vous ? Une autruche court sur la pointe des pieds comme une femme marchant avec des talons.

Chez l'Homme, la marche est une répétition cyclique de mouvements : pose du talon sur le sol, appui sur la plante du pied pour basculer la jambe opposée vers l'avant, puis poussée sur les orteils pour se propulser. "C'est la façon de marcher la plus économique mécaniquement parlant", résume le Dr Tatjana Hubel, du Collège vétérinaire royal. "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les forces s'exercent selon le même schéma, ce qui explique d'ailleurs pourquoi les femmes tortillent leur derrière lorsqu'elles portent des talons hauts. La question pour nous est de savoir pourquoi notre pied est ainsi fait, et pas comme celui d'une autruche par exemple", explique-t-elle.

Mettre en avant le moteur de la prothèse c'est-à-dire la cheville

Selon cette étude, la structure du pied humain permet notamment de faire passer tout l'effort par la cheville quand la plante du pied est posée à plat sur le sol, ce qui réduit la fatigue musculaire lors des autres phases de la marche. Mais puisqu'une prothèse ou une jambe de robot ne se fatiguent jamais, pourquoi s'acharner à reproduire artificiellement ce mécanisme trop humain ? s'interrogent les chercheurs. "Si vous voulez faire une bonne prothèse de pied mais que vous vous fichez de l'allure qu'il aura, il faut mettre le moteur (dans le cas présent, la cheville) aussi haut que possible sur la jambe", assure le Dr Jim Usherwood, chercheur du Wellcome Trust qui a dirigé l'étude. "De cette façon, il peut fournir l'énergie sans alourdir le pied et sans le rendre difficile à basculer en avant ou en arrière".

De nos jours, certaines prothèses arrivent à imiter la cheville humaine, ce qui peut convenir aux personnes amputées de la jambe inférieure. Mais pour ceux qui ont subi une amputation au-dessus du genou, une prothèse "humanoïde" classique s'avère lourde et encombrante. Selon le Dr Jim Usherwood, il serait bien plus rentable et efficace de doter ces derniers d'une sorte de "pied d'autruche fixé au bout d'une jambe ultra légère".

De ce point de vue, les prothèses utilisées par l'athlète handicapé sud-africain Oscar Pistorius semblent particulièrement bien adaptées à la course, soulignent les chercheurs. Un système qui  permettrait aux personnes privées d'un de leurs membres de se sentir mieux puisqu'elles ne se plaindraient plus d'aucune lourdeur au niveau de leurs prothèses.

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