Le premier "nettoyeur de l'espace" sera-t-il suisse ?

le 15 février 2012 à 16h04 , mis à jour le 15 février 2012 à 16h07

L'Ecole polytechnique de Lausanne a présenté mercredi un projet potentiellement révolutionnaire pour l'exploration spatiale : un engin destiné à nettoyer l'espace des débris spatiaux qui l'encombrent et constituent une menace pour les fusées et satellites.

Modélisation du futur "nettoyeur spatial" conçu par l'Ecole polytechnique fédérale de LausanneModélisation du futur "nettoyeur spatial" conçu par l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne © Ecole polytechnique fédérale de Lausanne

Depuis les débuts de l'ère spatiale, la banlieue de la Terre s'est peu à peu transformée en un vaste dépotoir de débris de satellites, de fusées et autres restes d'engins abandonnés plus ou moins volontairement en plein espace. Au point de constituer un problème non négligeable lors de la mise sur orbite de tout satellite. Car ces déchets spatiaux, au nombre de plusieurs dizaines de milliers et évoluant tous à des altitudes et sur des orbites différentes, peuvent entrer en collision avec une fusée à des vitesses de plusieurs kilomètres par seconde, de sorte qu'un simple boulon peut se transformer en projectile potentiellement ravageur. Ce fut notamment le cas en février 2009 avec l'explosion du satellite de communication américain Iridium-33, entré en collision avec l'ancien satellite russe Cosmos-2251.

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Il faudrait donc nettoyer l'espace. Mais comment ? L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), une grande école suisse, a peut-être la solution. Il a pour nom CleanSpace One. Ce projet, présenté mercredi, prévoit la construction de petits satellites capables de chercher dans l'espace ces débris, de les sortir de leur orbite et de les détruire dans l'atmosphère terrestre. Le tout pour un budget de 10 millions de francs suisses (soit 8 millions d'euros). Selon Jérôme Grosse, porte-parole de l'EPFL, deux options sont à l'étude pour ces satellites : un modèle "kamikaze", qui attrape le débris et qui ensuite s'auto-détruit avec lui, et un modèle capable de saisir le débris, puis de le propulser dans l'atmosphère, pour qu'il s'écrase sur la terre.

"Il est temps de faire quelque chose"

Les cas de collision sont appelés à se multiplier, indique encore l'EPFL, car la croissance des débris est exponentielle. Selon une étude publiée par le réassureur suisse Swiss Re l'an dernier, il y a chaque année une chance sur 10.000 qu'un débris de plus de 1 cm heurte un satellite sur orbite de 10 mètres carrés. Et les conséquences financières de tels accidents sont considérables pour les assurances actives dans le spatial, déjà engagées à hauteur de 20 milliards de dollars. D'où ce commentaire de l'astronaute et professeur suisse Claude Nicollier, mercredi, en présentant le projet : "Il est temps de faire quelque chose pour réduire la quantité de débris dans l'espace".

Les concepteurs de CleanSpace veulent montrer l'exemple en récupérant un premier objet céleste suisse, le mini satellite Swisscube (820 grammes, 10 cm de côté) mis en orbite en 2009. Une fois lancé, le satellite CleanSpace One (30 cm de long sur 10 cm de large et 10 cm de haut) devra rejoindre sa cible, la saisir, se stabiliser, sortir de l'orbite et se diriger vers l'atmosphère terrestre, pour s'auto-consumer, ou pour lâcher le débris. Et pour rendre cette "chasse" plus efficace, l'EPFL étudie des mécanismes inspirés du monde animal ou végétal.

le 15 février 2012 à 16:04
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6 Commentaires

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  • tonton Victor, le 16/02/2012 à 18h01

    Il est utile de faire du nettoyage mais qui va mettrd la main au portefeuille ? J'espere que les polueurs seront les payeurs.

  • anto1384, le 16/02/2012 à 09h54

    Un petit syndrome Kessler ne serait il pas l'idéal pour nous empecher d'aller polluer toute la galaxie? En tout cas c'est bien vu de la part des Suisses, il ont peut-être du lire "Planetes" de Makoto Yukimura =)

  • aracatac, le 16/02/2012 à 09h06

    Et bientôt, lancement d'un satellite nettoyeur CleanSpace 2 pour nettoyer les satellites nettoyeurs CleanSpace 1. Coût : 20 millions d'euros. Lol

  • ouam90, le 16/02/2012 à 08h49

    Euh chez eux, car en France et en Allemagne, ils se lâchent bien. Mais cette idée par contre est géniale est peu onéreuse (paradoxe pour la Suisse d'ailleurs ;-))

  • thierry34280, le 16/02/2012 à 07h59

    Les Suisses et leur propreté legendaire

  • jean45po, le 15/02/2012 à 18h28

    Il serait temps d'y songer. Il y a une véritable ceinture de débris spatiaux au-dessus de notre tête et ils ne vont commencer qu'en 2012. Ca fait peur.

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