Mondial : moins d'appels à l'aide pendant les matchs

Par Matthieu DURAND, le 07 juin 2008 à 06h00 , mis à jour le 28 mai 2008 à 09h39

Les coups de fil recours aux urgences et aux associations de soutien psychologique sont moins nombreux lors des matchs de la France. Un effet relatif et de courte durée mais bien réel.

urgences © INTERNE

Article publié lors du Mondial 2002 : Quand les Bleus jouent, les bleus au corps ou à l’âme semblent être mis entre parenthèse pendant 90 minutes. Et plus si prolongation. Cette période de "calme" est difficile à mesurer, faute de statistiques, mais elle est constatée par les médecins et psychologues sur le terrain.

"Lors de tout événement de grande importance populaire, les gens se découvrent un intérêt et ‘s’écoutent’ un peu moins", explique à LCI.fr Patrick Pelloux, médecin urgentiste à l’hôpital parisien St-Antoine (1) et président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf). "Lors du Mondial de 1998, cela avait été très net, notamment lors de la finale où les services des urgences s’étaient vidés jusqu’à très tard dans la nuit", ajoute-t-il.

Matinée de mardi calme

France-Danemark oblige, la matinée sera "calme" pour les Samu parisiens
(2). Et, quel que soit le résultat, la rencontre ne sera pas forcément suivie d’un pic de consultations : "il n’y a pas des hordes de barbares qui attendent le coup de sifflet final" pour se livrer à tous les excès, tempère le docteur Pelloux.

Le soir le plus difficile pour le Samu reste celui de la Fête de la musique, où le cocktail "alcool + violence" est à l’origine de la plupart des consultations. "En ce moment, on est plus ‘emm…’ par la poursuite de la grève des généralistes", lâche en guise de conclusion le président de l’Amuhf.

Besoin de partager

Interrogée par LCI.fr, Sylvie Galardon, présidente de la Fédération des associations SOS Amitié (3), précise d’emblée que les matchs des Bleus ne constituent pas un événement majeur en terme d’appels. "En règle générale, lors des événements extrêmement importants, comme le 11 septembre ou l’explosion de l’usine AZF, il y a moins d’appels dans un premier temps car les gens se sentent plus insérés dans la société et en parlent autour d’eux", déclare-t-elle. "Mais dans un deuxième temps, les appels reviennent, les gens voulant évoquer le choc qu’ils ont pu ressentir".

Et le Mondial donc ? "Tout événement collectif dans lequel les gens se sentent en train de vivre quelque chose avec les autres est important. La solitude, physique ou morale, ne peut être combattue que par la société", admet Sylvie Galardon. Et d’ajouter : "Quel que soit l’événement, il y a des personnes qui ont besoin de partager ce qu’ils vivent et qui n’ont personnes à qui en parler dans leur entourage".

(1) A l’hôpital St-Antoine, 54 infirmières et 10 docteurs reçoivent 24h/24 et 7j/7 150 patients quotidiens. En 2001, 14 millions de Français ont consulté un service d’urgences.
(
2) tf1.fr a cherché à en savoir plus auprès des services d’urgences marseillais et niçois. Les premiers, "débordés", n’ont pas répondu à nos questions. A Nice, une employée des urgences a également "botté en touche" : "Vus les résultats des Bleus en ce moment, je ne vois pas ce que cela peut changer !"
(3) 2.000 bénévoles œuvrent dans l’un des centres d’appels de SOS Amitié en France. Environ 600.000 personnes composent chaque année l’un des 49 numéros de téléphone de l’association.

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Par Matthieu DURAND le 07 juin 2008 à 06:00
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