© INTERNEArticle publié lors du Mondial 2002 : Quand les Bleus jouent, les bleus au corps ou à l’âme semblent être mis entre parenthèse pendant 90 minutes. Et plus si prolongation. Cette période de "calme" est difficile à mesurer, faute de statistiques, mais elle est constatée par les médecins et psychologues sur le terrain.
"Lors de tout événement de grande importance populaire, les gens se découvrent un intérêt et ‘s’écoutent’ un peu moins", explique à LCI.fr Patrick Pelloux, médecin urgentiste à l’hôpital parisien St-Antoine (1) et président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf). "Lors du Mondial de 1998, cela avait été très net, notamment lors de la finale où les services des urgences s’étaient vidés jusqu’à très tard dans la nuit", ajoute-t-il.Matinée de mardi calme
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Le soir le plus difficile pour le Samu reste celui de la Fête de la musique, où le cocktail "alcool + violence" est à l’origine de la plupart des consultations. "En ce moment, on est plus ‘emm…’ par la poursuite de la grève des généralistes", lâche en guise de conclusion le président de l’Amuhf.
Besoin de partager
Interrogée par LCI.fr, Sylvie Galardon, présidente de la Fédération des associations SOS Amitié (3), précise d’emblée que les matchs des Bleus ne constituent pas un événement majeur en terme d’appels. "En règle générale, lors des événements extrêmement importants, comme le 11 septembre ou l’explosion de l’usine AZF, il y a moins d’appels dans un premier temps car les gens se sentent plus insérés dans la société et en parlent autour d’eux", déclare-t-elle. "Mais dans un deuxième temps, les appels reviennent, les gens voulant évoquer le choc qu’ils ont pu ressentir".Et le Mondial donc ? "Tout événement collectif dans lequel les gens se sentent en train de vivre quelque chose avec les autres est important. La solitude, physique ou morale, ne peut être combattue que par la société", admet Sylvie Galardon. Et d’ajouter : "Quel que soit l’événement, il y a des personnes qui ont besoin de partager ce qu’ils vivent et qui n’ont personnes à qui en parler dans leur entourage".
(1) A l’hôpital St-Antoine, 54 infirmières et 10 docteurs reçoivent 24h/24 et 7j/7 150 patients quotidiens. En 2001, 14 millions de Français ont consulté un service d’urgences.
(2) tf1.fr a cherché à en savoir plus auprès des services d’urgences marseillais et niçois. Les premiers, "débordés", n’ont pas répondu à nos questions. A Nice, une employée des urgences a également "botté en touche" : "Vus les résultats des Bleus en ce moment, je ne vois pas ce que cela peut changer !"
(3) 2.000 bénévoles œuvrent dans l’un des centres d’appels de SOS Amitié en France. Environ 600.000 personnes composent chaque année l’un des 49 numéros de téléphone de l’association.
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