Les points faibles du footballeur

Par Matthieu DURAND, le 19 juin 2008 à 07h00 , mis à jour le 19 juin 2008 à 15h44

La blessure de Franck Ribéry rappelle à quel point les organismes des joueurs sont mis à rude épreuve. Petit inventaire des fragilités du footballeur...

Ribéry abattu après le match face à la Roumanie, le 09 juin 2008Image d'archives © REUTERS

Après une saison "bien remplie", les footballeurs professionnels sont particulièrement exposés aux blessures (découvrez la vidéo de LCI). A l'occasion de la Coupe du monde de football 2006, les chirurgiens orthopédistes de la Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique (Sofcot) avaient dressé la liste des principales lésions qui "peuvent mettre hors jeu" les champions à crampons.

1. Le pied (voir photo ci-dessous)

Entorse du ligament externe de la cheville
Elle est la conséquence de faux mouvements lors de la course : pied mal posé, dérapage sur un terrain en mauvais état... La plupart du temps, le traitement consiste à poser des attelles au joueur blessé pendant trois semaines, "antalgiques à l'appui". Une entorse peut laisser des séquelles : blocages, douleurs...

Fracture de la cheville
Elle se produit "volontiers à la suite d'un choc direct", expliquent les médecins. 'Une immobilisation plâtrée" est nécessaire. Indisponibilité : deux à trois mois.

Rupture du tendon d'Achille
Elle n'intervient ni à la suite d'un faux mouvement, ni d'un choc direct, précise la Sofcot, mais "à l'occasion d'une mauvaise réception après un saut et une contraction brutale du triceps". Conséquence : une immobilisation totale du sportif. Pour les professionnels du ballon, la chirurgie s'impose. Temps d'indisponibilité : quatre à six mois.

2. La cuisse

Claquage musculaire
Lorsqu'il intervient sur la face antérieure de la cuisse, on parle d'arrachement du muscle quadriceps. Traitement : pas d'opération mais une immobilisation de trois à six mois avec rééducation. Le risque de récidive n'est pas négligeable. Lorsque le claquage intervient sur la face postérieure de la cuisse, les médecins parlent d'un arrachement des tendons ischio-jambiers. Là encore, la chirurgie n'est pas requise.

3. Le genou

Entorse du genou
L'entorse du genou, également appelée rupture du ligament croisé antérieur (LGA), est "extrêmement fréquente", écrivent les spécialistes car elle "découle de la pratique même du football qui multiplie les tacles et les brusques changements de direction". Elle est souvent associée à d'autres lésions méniscales, cartilagineuses ou ligamentaires. Pour les grands sportifs, les soins passent par une intervention chirurgicale par autogreffe. Le délai d'indisponibilité peut aller de six à dix mois.

photo : Franck Fife/AFP

Rupture du tendon rotulien
"Le traitement est univoque", affirment les experts : la chirurgie. "La fragilité exceptionnelle du tendon rotulien va de pair avec une longue cicatrisation". S'ensuit une période variable de rééducation. Le "pro" ne peut espérer retaper dans un ballon avant six, huit, voire douze mois.

4. La jambe

Luxation des tendons péroniers
Cela ressemble à une entorse de la cheville mais cela n'en est pas une ! Pour cette dernière, des attelles suffisent alors que pour traiter ce type de luxation, la chirurgie s'impose. D'où l'importance d'un bon diagnostic.

Fracture de la jambe
Elle est moins fréquente grâce à la généralisation des protège-tibias, se félicite la Sofcot. La fracture peut être fermée ou bien ouverte, ce qui implique un risque d'infection. "L'indisponibilité sportive est en général de trois mois", selon le type de fracture.

5. L'épaule

Luxation de l'épaule
Elle est "la conséquence de chocs directs" et de chutes. Traitement : réduction de la luxation suivie d'une immobilisation de deux à trois semaines, puis une période de rééducation. Le risque de récidive peut justifier une opération chirurgicale.

6. La tête

Traumatismes crâniens
Les gardiens qui se heurtent aux poteaux et les joueurs qui pratiquent des "têtes" ou qui sont victimes de choc - tel Battiston lors du célèbre France-Allemagne lors du Mondial 1982 - sont particulièrement exposés. La blessure peut être très grave aussi la victime est-elle mise en observation pendant 24 heures et subit une batterie de tests (scanners, voire IRM...). "L'existence d'un hématome intracérébral impose une évacuation d'urgence et (...) un traitement neurochirurgical", souligne la Sofcot. Indisponibilité : deux à trois semaines pour une contusion simple ; beaucoup plus longtemps si le traumatisme est grave.

Supporteurs, ménagez-vous !

Lors de l'Euro 2004, des kinésithérapeutes avaient publié un guide à l'attention des supporteurs afin d'éviter des blessures musculaires en regardant les matches de leur équipe nationale. Sauter, agiter les bras, se recroqueviller peut s'avérer douloureux. Les kinés préconisaient d'ailleurs d'effectuer un petit jogging (un décrassage ?) après chaque match. Des médecins britanniques avaient déjà relevé l'augmentation du nombre de malaises cardiaques lors du Mondial 2002. Qui a dit que le football n'était pas un sport sérieux ?

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Par Matthieu DURAND le 19 juin 2008 à 07:00
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4 Commentaires

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  • Vastre, le 08/06/2006 à 18h11

    Pourquoi votre étude, apparemment sérieuse, n'évoque pas le risque que le footballeur prend de recevoir un coup de pied aux couilles ? C'est très douloureux et ce peut être risqué pour la descendance donc pour les contrats publicitaires de médiatisation des naissances des fils de dieux du ballon !

  • Alain Kadlec, le 08/06/2006 à 17h52

    Même en regardant le mondial à la TV il y a des risques : on peut tomber de son fauteuil et se retrouver quadraplégique, on peut avaler de travers sa biêre et donc mourrir de sufocation et on peut même s'électrocuter en regadant la TV dans son bain... La vie de nos jours est vraiment risquée...

  • Alex, le 08/06/2006 à 17h52

    Pour ceux qui jouent les "puristes" du sport et critique le "business" du foot, le fric est present dans le foot car ce sport attire des millions de spectateurs et surtout de telespectateurs dans le monde entier, les matches rapportents des millions aux chaines TV et des milliards aux marques Adidas, Nike & cie. L'equipe de Lyon a touche plus de 50 millions d'euros dernierement suite a sa victoire en droite TV, sponsoring, etc... Pourquoi les joueurs n'auraient pas le droit d'avoir leur part du gateau ?? C'est eux qui "fabriquent" ce spectacle non ?? Et pour ceux qui n'acceptent pas ce systeme qu'ils arretent de regarder le foot a la TV, qu'ils ne boivent jamais de Volvic ou de Pepsi, qu'ils ne conduisent pas de Ford, ou bien qu'ils n'achetent jamais de baskets ou de vetements de sport car c'est tout ceci qui rend les joueurs de foot millionaires...

  • Taz, le 08/06/2006 à 11h08

    LE point faible c'est le fric !

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