Communiqué sur le site d'Act Up Paris dénonçant les pays qui mettent des barrières à l'entrée des séropositifs © TF1/LCI"Etes-vous atteint d'une maladie contagieuse ayant une incidence sur la santé publique ?" Tout demandeur d'un visa de séjour temporaire aux Etats-Unis doit répondre à cette question. Et les étrangers porteurs du virus du sida entrent dans la catégorie des "non admissibles". Une situation que dénoncent aujourd'hui deux associations françaises, exigeant que ce problème soit posé lors des prochaines conférences onusiennes. La situation est comparable dans au moins une dizaine d'autres pays, où "une découverte de la séropositivité conduit à une expulsion immédiate", selon Act Up-Paris et Elus locaux contre le sida (ELCS). Les deux associations citent ainsi l'Arabie saoudite, l'Arménie, le sultanat de Bruneï, la Chine, la Corée du Sud, l'Irak, la Moldavie, le Qatar, la Russie et le Soudan.
"Seul élu français à s'être déclaré séropositif", Jean-Luc Romero connaît trop bien cette "barrière" : "le 11 août, à ma sortie des Etats-Unis, mon sac a été fouillé et les douaniers ont trouvé mes médicaments gardés en cabine", raconte le conseiller régional (UMP) d'Ile-de-France. "Quand ils m'ont demandé ce que j'avais, si c'était le sida, j'ai dit que j'avais un cancer. Comme je quittais les Etats-Unis, ils ne m'ont pas plus embêté que ça... Vous rendez-vous compte à quel point c'est humiliant ? On ne peut pas dire aux gens : n'ayez pas honte de votre maladie, tout en les obligeant à mentir s'ils veulent voyager !" Pour être discrets, des séropositifs changent leurs médicaments de boîtes, voire interrompent leur traitement pendant leur séjour, affirme Act Up.
Des restrictions "inefficaces, coûteuses et discriminatoires"
A Paris, une source consulaire américaine répond : "Il n'est pas vrai qu'aucune personne séropositive ne peut entrer aux Etats-Unis : si quelqu'un nous explique son cas - s'il a le sida et veut entrer aux Etats-Unis pour y être soigné, assister à une conférence, etc. - on peut demander une dérogation particulière". Reste que le principe général est celui de l'interdiction. C'est en 1987, quand on croyait ce que l'on appelait alors le "cancer gay" hautement contagieux, que le congrès américain avait ajouté le VIH/sida à la liste des maladies empêchant l'entrée aux Etats-Unis, a récemment rappelé le Chicago Tribune. L'interdiction reste en vigueur, même si les séropositifs la contournent.
Pourtant, "le sida est une maladie transmissible mais pas contagieuse", rappellent Act Up et ELCS qui protestent : "le séropositif n'est ni un criminel ni une menace à l'ordre public." En 2004, l'Onusida (programme commun des Nations unies sur le VIH-sida) et l'Office des migrations internationales avaient déclaré ces restrictions de circulation "inefficaces, coûteuses et discriminatoires". Elles peuvent "donner l'impression fallacieuse que le VIH/sida est un problème 'étranger' qui peut être contrôlé à travers des mesures telles que les contrôles aux frontières, plutôt que par des programmes d'éducation et des méthodes de prévention".
D'après agence
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