Traitement par radiothérapie à l'hôpital d'Epinal © TF1/LCIDes "accidents de radiothérapie" à l'hôpital d'Epinal ont entraîné un décès et des complications chez 13 patients traités pour des cancers de la prostate, a annoncé jeudi l'Agence régionale de l'Hospitalisation (ARH) de Lorraine.
Ces accidents, survenus entre mai 2004 et mai 2005 dans cet établissement, sont imputables à une "mauvaise utilisation" d'un nouveau logiciel introduit en mai 2004 et à un "manque de maîtrise technique" d'une partie du personnel, selon la direction de l'ARH. Ils ont abouti à une surirradiation des 23 patients traités au cours de cette période, dont l'un est décédé.
Enquête externe et indemnisation
Treize autres patients connaissent des complications apparues à partir de juillet 2005, à savoir une rectite (inflammation du rectum) qui a nécessité la pose d'un anus artificiel, a précisé le directeur de l'ARH Antoine Perrin.
L'Autorité de sûreté nucléaire a mené une enquête dont le rapport a été transmis au ministre de la Santé Xavier Bertrand. Ce dernier a chargé l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de mener une enquête externe.
Le procureur d'Epinal a indiqué vendredi que la famille d'un patient irradié à l'hôpital Jean-Monnet avait été entendue en mars dans le cadre d'une enquête préliminaire, "sans toutefois souhaiter porter plainte". Quoi qu'il en soit, les indemnisations proposées pour dédommager les patients irradiés sont "tout à fait faibles", a estimé vendredi l'avocat d'un des blessés, Me François Lefort. "Le rapport d'expertise fait état d'une incapacité permanente partielle de 50%. (...) J'ai d'abord pu obtenir 10.000 euros. J'étais en négociation avec l'hôpital, qui me proposait une provision supplémentaire de 5.000 euros. C'est tout à fait faible", a déploré l'avocat.
D'après agence
Accidents de radiothérapie : des précédents |
Au premier trimestre 2003, une femme en cours de traitement anticancéreux à Grenoble avait reçu une dose de rayonnements supérieure d'environ 20% à celle prévue. Un problème informatique était également ici à l'origine de l'accident : un logiciel, non testé dans un nouveau contexte, n'avait pas fonctionné correctement. Au printemps dernier, l'ASN avait appelé "tous les services de radiothérapie français à améliorer la prévention des accidents".
Quatre accidents graves de radiothérapie ont été recensés dans le monde au cours des vingt dernières années : en 2001 en Pologne (5 patients victimes de brûlures), en 2000 au Panama (au moins 5 décès sur 28 patients affectés), en 1996 au Costa-Rica (au moins 17 décès sur 115 patients affectés) et en 1990 à Saragosse, en Espagne (au moins 15 décès sur 27 patients victimes d'une surdose).
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