© TF1Chaque année en France, une soixantaine de femmes meurent pendant leur grossesse, lors de l'accouchement ou dans les semaines qui suivent celui-ci. Soit un taux de mortalité maternelle de 7,5 pour 100.000 naissances, selon un rapport d'experts.
"L'événement peut être considéré comme rare", indique dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire l'Institut de veille sanitaire (INVS), qui est membre du Comité national d'experts sur la mortalité maternelle (CNEMM). "Mais, poursuit l'institut, il est encore beaucoup trop fréquent lorsque l'on constate que la France est mal située parmi ses voisins européens." Or, soulignent les spécialistes, "la mortalité maternelle d'un pays est à la fois un révélateur de la condition qui est faite aux femmes" et "un indicateur de la qualité des soins obstétricaux".
Risque élevé avec l'âge
"L'âge moyen des mères qui décèdent est de 33,7 ans, sensiblement plus élevé que l'âge moyen" des femmes qui accouchent (30 ans), pointe le rapport. Mais "ce taux [de mortalité] augmente avec l'âge (risque 8 fois plus élevé à 40 ans qu'à 20-24 ans) et selon la nationalité (taux deux fois plus élevé parmi les femmes non européennes)". Les décès interviennent principalement dans les hôpitaux publics (84%) mais aussi dans les cliniques privées (10%) et à domicile (6%).
Première cause de ces morts : les hémorragies (21%). Elles interviennent le plus souvent post-partum, c'est-à-dire après l'accouchement. Les femmes enceintes peuvent également être victimes de complications de l'hypertension artérielle (12% des décès), de thromboembolies [obstruction d'un vaisseau sanguin par un caillot] (14%), d'embolies amniotiques [passage du liquide amniotique dans le sang de la mère] (10%) mais aussi d'infections et de diverses complications.
Décès évitables
Or, les spécialistes notent que plus d'un décès maternel sur deux pourrait être évité : 73% pour les hémorragies et 71% pour les infections. Traitements inadéquats ou mauvais diagnostic sont pointés du doigt. D'où une série de recommandations à l'usage des professionnels de santé. Outre un meilleur suivi de la qualité des soins obstétricaux, le rapport estime que "l'accouchement par césarienne [de plus en plus pratiqué] augmente très nettement le risque de mort maternelle".
Selon les experts, "il faudrait encourager les femmes à entrer plus jeunes dans leurs projets de maternité, car les risques pour leur santé d'une grossesse tardive se multiplient rapidement au-delà de 35 ans". Le rapport insiste enfin sur "la faible fréquence des autopsies (23%)", pourtant capitales pour mieux appréhender ce phénomène.
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