La Cour des comptes critique les urgences médicales

le 08 février 2007 à 07h42 , mis à jour le 08 février 2007 à 09h44

Les urgences sont devenues "des services de consultations non programmées", où seuls 20% des patients sont hospitalisés à la suite de leur passage.

TF1/LCI : L'hôpital Saint-Louis de La RochelleL'hôpital Saint-Louis de La Rochelle © TF1/LCI

Pilotage "incohérent", systèmes d'information "déficients", "insuffisance de l'articulation" avec les médecins de ville : dans son rapport annuel, la Cour des comptes porte un regard sévère sur les urgences médicales par lesquelles passent chaque année 14 millions de personnes.

  • Cour des comptes : le dernier rapport de Philippe Séguin

    Dans son rapport 2010, marqué du sceau de Philippe Séguin qui l'aura étroitement piloté jusqu'à son décès, début janvier, la Cour va s'attacher à débusquer les nombreuses anomalies dans la gestion publique.

    Publié le 08/02/2010 Cour des comptes : le dernier rapport de Philippe Séguin
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Les urgences "bénéficient d'une bonne image auprès de la population" qui loue "la formation des équipes, l'augmentation des effectifs, l'amélioration des locaux", remarque la Cour. Le nombre de passages aux urgences a ainsi doublé entre 1990 et 2004, passant de 7 à 14 millions, en grande majorité des patients de moins de un an ou de plus de 80 ans. Mais, remarque la Cour, les urgences "au sens des manuels médicaux" ne concernent cependant que 3% des motifs d'intervention.

Des "zones sans couverture médicale libérale" 

Seuls 20% des patients admis aux urgences sont hospitalisés à la suite de leur passage. Les urgences sont ainsi devenues "des services de consultations non programmées", remarque la Cour. Une pratique coûteuse puisque le montant moyen d'un passage aux urgences, 223 euros, est nettement supérieur à celui d'un acte effectué par un médecin libéral (48 euros).

La Cour explique en partie cette évolution du rôle des urgences par une "coopération insuffisante" entre les hôpitaux, les médecins libéraux qui assurent les gardes, les pompiers ou encore les infirmiers. Si 70% des médecins libéraux participent à la permanence des soins (gardes, astreintes), "certaines zones restent sans couverture médicale libérale" et la "mobilisation des médecins en seconde partie de nuit présente des difficultés", regrette la Cour.

Mieux orienter les patients, réorganiser les services

Les magistrats de la rue Cambon pointe également l'"insuffisance de l'information" des patients qui doivent jongler sur le territoire entre trois numéros d'appel d'urgence, le "18" des pompiers, le "15" du Samu et le "112" des services départementaux de secours. La Cour plaide pour une "unification" des numéros d'appel entre l'hôpital et la ville.

Selon elle, "l'amélioration du dispositif dépend moins de nouveaux moyens financiers que de mesures relatives à l'orientation des patients, à l'organisation des services et à la coordination de l'activité hospitalière avec celle de la médecine" libérale. La Cour plaide en outre pour la mise en place "rapide d'un système d'information fiable et partagé qui permette de connaître de manière instantanée les ressources disponibles en lits et en compétences médicales".

D'après agence

le 08 février 2007 à 07:42
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9 Commentaires

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  • Patrice, le 09/02/2007 à 00h12

    Les médecins libéraux , qui n'ont plus grand chose de libéraux compte tenu de tous les encadrements auquels ils sont soumis, ont encore la liberté de choisir leur horaires de travail. Pourquoi voulez vous que les médecins libéraux , soient mobilisablent jours et nuits , dimanches et fériés , en plus de leurs journées de travail habituelles , alors que le reste de la population ne travaille que 35 heures. Il en est hors de question ,ils n'assurent pas du tout le service publique (sauf erreur de ma part). C'est le secteur public qui en est chargé , avec des praticiens salariés dans des locaux chauffés et entretenus par les personnels adéquats....Il ne faut pas confondre. Et ce n'est pas a eux , les médecins libéraux d'investir les déserts médicaux du territoire nationnal si cela n'est pas leur désir

  • José, le 08/02/2007 à 19h58

    Je trouve que la cour des comptes fait beaucoup de critiques...Si on avait la possibilité de critiquer à notre tour ces gens là.........Et voir aussi leur budget par exemple,pour effectuer leur sois-disant travail, je pense qu'on serait tres surpris.......

  • Matthieu, le 08/02/2007 à 16h16

    Le problème vient des médecins généralistes qui demandent toujours plus lors des consultations mais qui ont oublié une grande partie du serment d'Hyppocrate. Ils ont l'obligation de soigner. L'Etat devrait rendre obligatoire les gardes des médecins en ville mais surtout à la campagne. Si un patient doit se rendre aux urgences car son médecin ne veut pas se déplacer, alors que l'on facture les soins à ce médecin. On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière avec le tout... Les généralistes ont la formation pour suturer des plaies bénignes, pour soigner des entorses. Ils n'ont pas tous de quoi faire un cliché radio mais les urgences ne sont pas là pour le faire. Il y a des cabinets de radiologie pour confirmer un diagnostic. Les Urgences devraient non pas refuser un patient car un problème mineur peut en cacher un plus sérieux seulement visible à l'examen mais facturer aux patients les soins qui ne sont pas des urgences, telle une grippe chez un adulte, une entorse de la cheville... Les premiers responsables sont les généralistes qui refusent leurs responsabilités. A eux de payer l'addition ou alors de baisser le prix des consultations

  • Mattei, le 08/02/2007 à 15h21

    Les urgences font du bon travail.les gens n'ont pas beaucoup d'autres solutions le samedi et le dimanche.pourquoi? pas aise de trouver un medecin.

  • Christian, le 08/02/2007 à 15h01

    Les services d'urgences sont le "four tout" de toute personne ou organisme ne trouvant pas la réponse à son problème. De même lorsqu'un système est défaillant comme le fonctionnement de la médecine de ville (non application des textes sur la permanence des soins par les préfets et donc l'état). Les urgences gèrent les problèmes sociaux (pendant les fermetures des services sociaux), les sans domicile (lorsque le 115 est défaillant), la permanence de soins de la médecine de ville les W.E. et la nuit dans beaucoup de régions. Les agités, les violents, les conflits familiaux ,etc... bref, de nombreuses tâches parfois trés éloignées de la médecine et de ce que savent gérer les urgences. Je pense que tout le système est à revoir, oublions les textes sur la permanence des soins, organisons un système cohérent entre les différents acteurs. Supprimons la dichotomie public privé dont les missions sont actuellement différentes et que l'on met pourtant en concurrence. Le système actuel ne peut-être que dispendieux et je prendrais pour exemple la consultation de nuit du nourrisson qui a une gastroentérite avec de la fièvre pour lequel la maman appèle le 15 et décrit des symptômes pouvant être inquiétants au téléphone, elle n'a pas de voiture, habite à 50 kms de l'hôpital le plus proche, on lui envoie une ambulance car la nuit aucun taxi n'est disponible, le bébé a sa consultation aux urgences mais finalement peut retourner chez lui avec retour en ambulance, le surcoût par rapport à une visite de nuit dépasse les 200 euros...et c'est le quotidien des consultations de nuit sans compter la personne agée qui vient consulter en urgence le soir tard et dont un ami non joignable a garder les clés du domicile, résultat, une hospitalisation à 450 euros qui s'ajoute au transport aller par ambulance...Les textes actuels sur la permanence des soins sont cohérents mais leur non application conduit à une "gabegie". Oublions ce système déjà enterré avant d'être né et revoyons notre copie.

  • Hospitalier, le 08/02/2007 à 14h41

    Quand l'urgentiste surmédiatisé s'agite et comme les Urgences ont un impact fort aux yeux de la population alors l'Etat se sent obliger d'injecter du pognon ... sans en retour réclamer des comptes ! Ca fait des années que cela dure et on ne se pose toujours la question : où va cette argent ? Il se perd évidemment dans le gouffre hospitalier. De toute façon le problème des Urgences est ailleurs, comme le souligne votre article : seul 3% des interventions relèvent de l'urgence médicale. Arrêtons ce gachis.

  • Paul, le 08/02/2007 à 12h44

    Je pense que la vie n'a pas de prix...

  • JP85600, le 08/02/2007 à 10h37

    Bonjour, Tout à fait d'accord, les urgences sont surchargées et heureusement assurées par des gens compétents. Dans la commune ou j'habite, il est impossible de joindre un généraliste après 20h00 le soir de semaine et entre 12h00 le samedi midi et le lundi matin 8h00. Comment faire lorsque l'on a un problème de santé (evidemment pas un rhume, ni une angine ..) ou que l'on a un bébé qui a plus de 39°5 de température à part les urgences. De plus les médecins, toujours chez moi, ne se déplacent plus, il faut aller au cabinet !!!!!! L'autre jour j'ai eu une gastro, je n'ai pu avoir un RDV que le lendemain, ce n'est pas evident ni pour sa santé, ni pour justifier de son absence à son entreprise. Je pense effectivement qu'une remise à plat des services de santé est nécessaire MERCI DE ME PUBLIER

  • Bazin, le 08/02/2007 à 08h20

    Il faut donner la possibilité aux urgences de refuser les personnes qui peuvent etre soigné par un médecin généraliste. Faire payer la visite de suite et si il ya abus vis à vis de pathologie (rhume, grippe, angine etc....) il faut faire payer double sans possibilité de remboursement de la SS

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