L'hôpital Saint-Louis de La Rochelle © TF1/LCIPilotage "incohérent", systèmes d'information "déficients", "insuffisance de l'articulation" avec les médecins de ville : dans son rapport annuel, la Cour des comptes porte un regard sévère sur les urgences médicales par lesquelles passent chaque année 14 millions de personnes.
Cour des comptes : le dernier rapport de Philippe Séguin
Dans son rapport 2010, marqué du sceau de Philippe Séguin qui l'aura étroitement piloté jusqu'à son décès, début janvier, la Cour va s'attacher à débusquer les nombreuses anomalies dans la gestion publique.
Publié le 08/02/2010
Les urgences "bénéficient d'une bonne image auprès de la population" qui loue "la formation des équipes, l'augmentation des effectifs, l'amélioration des locaux", remarque la Cour. Le nombre de passages aux urgences a ainsi doublé entre 1990 et 2004, passant de 7 à 14 millions, en grande majorité des patients de moins de un an ou de plus de 80 ans. Mais, remarque la Cour, les urgences "au sens des manuels médicaux" ne concernent cependant que 3% des motifs d'intervention.
Des "zones sans couverture médicale libérale"
Seuls 20% des patients admis aux urgences sont hospitalisés à la suite de leur passage. Les urgences sont ainsi devenues "des services de consultations non programmées", remarque la Cour. Une pratique coûteuse puisque le montant moyen d'un passage aux urgences, 223 euros, est nettement supérieur à celui d'un acte effectué par un médecin libéral (48 euros).
La Cour explique en partie cette évolution du rôle des urgences par une "coopération insuffisante" entre les hôpitaux, les médecins libéraux qui assurent les gardes, les pompiers ou encore les infirmiers. Si 70% des médecins libéraux participent à la permanence des soins (gardes, astreintes), "certaines zones restent sans couverture médicale libérale" et la "mobilisation des médecins en seconde partie de nuit présente des difficultés", regrette la Cour.
Mieux orienter les patients, réorganiser les services
Les magistrats de la rue Cambon pointe également l'"insuffisance de l'information" des patients qui doivent jongler sur le territoire entre trois numéros d'appel d'urgence, le "18" des pompiers, le "15" du Samu et le "112" des services départementaux de secours. La Cour plaide pour une "unification" des numéros d'appel entre l'hôpital et la ville.
Selon elle, "l'amélioration du dispositif dépend moins de nouveaux moyens financiers que de mesures relatives à l'orientation des patients, à l'organisation des services et à la coordination de l'activité hospitalière avec celle de la médecine" libérale. La Cour plaide en outre pour la mise en place "rapide d'un système d'information fiable et partagé qui permette de connaître de manière instantanée les ressources disponibles en lits et en compétences médicales".
D'après agence
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