"On est là pour vous aider"

Par Natacha CZERWINSKI, le 02 février 2007 à 14h22 , mis à jour le 02 février 2007 à 18h03

La ligne Tabac Info Service a été submergée d'appels le 1er février, au premier jour de la législation interdisant le tabac dans les lieux publics.

Les locaux de la ligne téléphonique Tabac Info Service, le 1er février 2007Les locaux de la ligne téléphonique Tabac Info Service, le 1er février 2007 © LCI/TF1/N.Czerwinsky

Dans son entreprise, il y a une "grosse polémique", explique-t-il d'emblée. De celle, on le devine, qui a dû faire violemment causer à la machine à café. Alors ce délégué du personnel a décroché son téléphone et composé le numéro de Tabac Info Service (0 825 309 310), histoire de trancher. "On travaille dans un établissement clôturé. Il y a des espaces verts tout autour. Est-ce qu'on peut fumer dehors?" "Oui, répond la conseillère. Si c'est un espace ouvert, vous n'êtes pas obligé de sortir de l'enceinte. Vous ne risquez rien au niveau de la loi."

Qui a droit à quoi? Pourquoi? Et pourquoi pas? Toute la journée du 1er février, les écoutants de la ligne Tabac Info Service ont répondu à une tripotée de questions sur la nouvelle législation interdisant la cigarette dans les lieux publics. Ouverte depuis cinq ans, la plate-forme - lancée à l'initiative de l'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) et gérée par Acticall, un prestataire de services - a été pensée, à l'origine, comme une aide et un soutien à l'arrêt du tabac.

"Si le salarié fume
sur le trottoir et
se fait renverser,
l'employeur est-il
responsable?"
 

Un appel
Mais depuis quelques jours, les appels-décryptages se bousculent sur les lignes. "En période de croisière, on tourne à 100-120 appels par jour, souligne Stéphanie Prieur, responsable du pôle santé chez Acticall. Depuis une semaine, on est à 700 appels par jour. Le 1er février, on a dépassé les 1200. En général, 80% des appels viennent de particuliers qui veulent arrêter. Depuis 15 jours, la tendance s'est inversée : 60% des appels concernent la loi, 40% l'arrêt du tabac."

Parmi les coups de fil-explications de texte, beaucoup d'entreprises, d'établissements scolaires ou de structures hospitalières. Le classique du genre? La question de la responsabilité : "S'il n'y a pas de salle de pause et qu'un salarié qui fume sur le trottoir se fait renverser par une voiture, est-ce l'employeur qui est responsable?" Si les bouffées sont aspirées pendant le temps de travail, la réponse est simple, c'est oui. Mais il y a plus compliqué.

Des appels-casse-tête, des situations-pièges. "Y a-t-il des textes sur les restaurants à l'intérieur d'un théâtre?", "Peut-on fumer dans sa voiture fermée mais sur le parking d'un centre de formation?" En cas de doute, la question est renvoyée vers le service juridique du ministère de la Santé, qui se charge de répondre sur son site (www.tabac.gouv.fr)

"Si je ne fume pas
pendant 8 h,
je fais des crises
de tétanie"

Un appel
Au fil des questions, la législation s'affine, le flou se dissipe. Et quelques "failles" pour continuer à en griller une se dessinent. Mais pour peu que la réponse déplaise, les écoutants de Tabac Info Service essuient de - rares - appels rageurs de fumeurs. Il y a la version odieuse : "J'espère que vous avez des enfants et qu'ils mourront tous du cancer" ou utopique : "Vivement les élections."

Entre deux demandes d'affiches à placarder ou de brochures à distribuer, il y a aussi ces appels qui transpirent l'angoisse. Comme celui de cet employé d'un aéroport face à un  "grave problème". Avec la disparition des espaces fumeurs, il est obligé de se priver de nicotine. "Si je ne fume pas pendant 8 heures, dit-il, je fais des crises de tétanie. On m'a dit qu'on ne fera pas d'exception pour moi. Mais j'ai peur de perdre mon boulot." L'écoutante rassure, martèle des "on est là pour vous aider" et oriente vers un des 35 tabacologues qui travaillent en liaison avec la plate-forme. "Bon courage", lui souffle Fatiha en raccrochant. "Le pauvre, compatit-elle. C'est le premier cas comme ça que je vois."

Chat LCI image Ducardonnet 2Chat sur le tabac
Alain Ducardonnet, le spécialiste santé de LCI,
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Par Natacha CZERWINSKI le 02 février 2007 à 14:22
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2 Commentaires

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  • Julien, le 02/02/2007 à 18h37

    Et bien voila quelques choses d'un peu normal comme réaction...Il ne reste plus qu'a finalement tout simplement supprimé les pauses cigarettes puisque rendez vous compte que si il vous arrive un accident pendant votre petite pause cloppe, c'est votre patron qui est responsable...Lourd de conséquence... Démocratie vous avez dit??? Ca sent la dictature... Julien (non fumeur mais Tolérant et compréhensif, l'un n'empeche pas l'autre, c'est tout de meme l'etat qui les vends les cigarettes et les fumeurs ne sont pas des criminels...)

  • Jacques de bermont, le 02/02/2007 à 17h27

    Certaines personnes se rendent malades ou sont malades de ne pouvoir fumer. Comment se débrouillent les gens qui boivent plus que d'ordinaire. En douce, ou ils attendent la fin du travail, le retour à la maison pour se payer un canon. Allez ! courage avec le temps et un peu de volonté tout s'arrange. Des milliers de personnes se sont arrêtés de fumer volontairement, j'en fais parti ainsi que toute ma famille et nous n'avons pas attendu tous ces dispositifs mis en place pour comprendre que le tabac est vraiment un danger public.N'oubions pas qu'il faut 10 a 15 ans pour retrouver des poumons sains.

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