Les locaux de la ligne téléphonique Tabac Info Service, le 1er février 2007 © LCI/TF1/N.CzerwinskyDans son entreprise, il y a une "grosse polémique", explique-t-il d'emblée. De celle, on le devine, qui a dû faire violemment causer à la machine à café. Alors ce délégué du personnel a décroché son téléphone et composé le numéro de Tabac Info Service (0 825 309 310), histoire de trancher. "On travaille dans un établissement clôturé. Il y a des espaces verts tout autour. Est-ce qu'on peut fumer dehors?" "Oui, répond la conseillère. Si c'est un espace ouvert, vous n'êtes pas obligé de sortir de l'enceinte. Vous ne risquez rien au niveau de la loi."
Qui a droit à quoi? Pourquoi? Et pourquoi pas? Toute la journée du 1er février, les écoutants de la ligne Tabac Info Service ont répondu à une tripotée de questions sur la nouvelle législation interdisant la cigarette dans les lieux publics. Ouverte depuis cinq ans, la plate-forme - lancée à l'initiative de l'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) et gérée par Acticall, un prestataire de services - a été pensée, à l'origine, comme une aide et un soutien à l'arrêt du tabac.
"Si le salarié fume |
| Un appel |
Parmi les coups de fil-explications de texte, beaucoup d'entreprises, d'établissements scolaires ou de structures hospitalières. Le classique du genre? La question de la responsabilité : "S'il n'y a pas de salle de pause et qu'un salarié qui fume sur le trottoir se fait renverser par une voiture, est-ce l'employeur qui est responsable?" Si les bouffées sont aspirées pendant le temps de travail, la réponse est simple, c'est oui. Mais il y a plus compliqué.
Des appels-casse-tête, des situations-pièges. "Y a-t-il des textes sur les restaurants à l'intérieur d'un théâtre?", "Peut-on fumer dans sa voiture fermée mais sur le parking d'un centre de formation?" En cas de doute, la question est renvoyée vers le service juridique du ministère de la Santé, qui se charge de répondre sur son site (www.tabac.gouv.fr)
"Si je ne fume pas |
| Un appel |
Entre deux demandes d'affiches à placarder ou de brochures à distribuer, il y a aussi ces appels qui transpirent l'angoisse. Comme celui de cet employé d'un aéroport face à un "grave problème". Avec la disparition des espaces fumeurs, il est obligé de se priver de nicotine. "Si je ne fume pas pendant 8 heures, dit-il, je fais des crises de tétanie. On m'a dit qu'on ne fera pas d'exception pour moi. Mais j'ai peur de perdre mon boulot." L'écoutante rassure, martèle des "on est là pour vous aider" et oriente vers un des 35 tabacologues qui travaillent en liaison avec la plate-forme. "Bon courage", lui souffle Fatiha en raccrochant. "Le pauvre, compatit-elle. C'est le premier cas comme ça que je vois."
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