OMS : on n'est pas à l'abri d'une épidémie

Par D.H. (avec agence), le 04 février 2007 à 15h29 , mis à jour le 05 février 2007 à 07h30

En France, les experts de l'Afssa doivent rendre lundi leurs conclusions après la découverte d'un foyer de grippe aviaire en Angleterre.

Portrait d'un dindonPortrait d'un dindon © TF1/LCI

Les pays européens ne sont pas à l'abri d'une épidémie (humaine) liée à une mutation du virus H5N1 de la grippe aviaire, a averti dimanche un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette déclaration fait suite à la découverte la veille d'un nouveau foyer de grippe aviaire (le second dans l'UE depuis le début de l'année, après la Hongrie) dans un élevage de dindes en Grande-Bretagne et la confirmation que la cause de la mort d'une Nigeriane de 22 ans était bien le H5N1 (1er cas humain mortel de la maladie au Nigeria).

Selon l'OMS, cette mutation du virus pourrait aussi bien se produire en Grande Bretagne et en Europe qu'en Afrique. "Une mutation pourrait arriver n'importe où. Quelqu'un disait à propos du foyer d'infection en Grande Bretagne, cela n'arrivera pas en Europe. C'est le genre de fausse sécurité qui s'est développée" a estimé un porte-parole de l'OMS. "Ce qui est très différent en Europe, c'est la manière dont les poules et dindes sont gardées", séparées des humains, a-t-il expliqué. "En Europe, en Amérique du nord, au Japon, (...) les habitants ne cohabitent pas avec les volailles ou les oiseaux." Rappelons que manger de la viande de volaille cuite ne présente aucun danger

Avis de l'Afssa lundi

L'abattage des 159.000 dindes britanniques devrait prendre plusieurs jours. Les oiseaux de cet élevage de l'est du pays doivent être gazés et leurs carcasses déposées "dans des camions étanches, recouverts de bâches" à destination du Staffordshire où elles seront détruites. Une double zone de protection a été établie. Les autorités sanitaires britanniques ont minimisé dimanche le risque d'une transmission à l'homme. La ministre de la Santé a ainsi précisé que le gouvernement se préparait "très, très sérieusement" à l'éventualité toutefois "très peu probable" d'une pandémie.

Après la Norvège samedi, l'Irlande a annonncé dimanche la mise en place de mesures de précaution. De leur côté, les autorités françaises attendent -pour lundi- l'avis qu'elles ont réclamé dès samedi à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) pour une évaluation des risques en France. La résurgence de l'épizootie en Grande-Bretagne ravive les craintes d'une mutation du virus qui le rendrait transmissible d'homme à homme, et donc d'une vaste épidémie. Le virus H5N1, réapparu en 2003 en Asie, a touché à ce jour 271 personnes, dont 165 mortellement.

"Beaucoup de moyens" dans l'Ain pour limiter les risques 

L'Ain, département le plus touché par la grippe aviaire en 2006, a depuis "mis beaucoup de moyens en place pour limiter les risques" de nouvelles contaminations, près d'un an après la crise, a précisé dimanche la chambre d'agriculture pour éviter une nouvelle psychose. En 2006 dans l'Ain, une soixantaine d'oiseaux sauvages, ainsi que quelque 400 dindes d'un élevage situé à Versailleux, sont morts du virus H5N1, qui était apparu le 17 février à Joyeux. Le gouvernement avait alors décidé le confinement général des oiseaux et volailles élevés en plein air ou détenus par des particuliers. La mesure avait été levée sur la quasi-totalité du territoire français à la mi-mai.

Par D.H. (avec agence) le 04 février 2007 à 15:29
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